La Place de l’Introverti Sur Son Lieu de Travail ?

Le monde de l’entreprise change, comment situer l’introverti au sein d’une organisation de plus en plus formatée et intrusive ?

L’avènement du jean-basket/open space bat son plein, et l’on observe le monde de l’entreprise évoluer, et pas forcément dans un sens favorable aux introvertis. Sur quels sièges inconfortables les introvertis passent-ils leurs journées de travail ?

L’entreprise voyeuse = L’heure du tout transparent.

Des vitres totalement translucides, éblouissantes et glacées, l’entreprise ressemble à un labyrinthe dont les codes ont considérablement évolués en moins d’une vingtaine d’années. On est passé de l’entreprise paternaliste à l’entreprise maternelle. Ressemblant à s’y méprendre à un gracieux jardin d’enfants, dont les employés sont des adulescents mangeant une sucette avec le plus grand sérieux devant l’écran de leur Macintosh portatif bien aimé. De jolies lunettes, enfin surtout griffées, des tennis flambantes neuves : l’entreprise, ses codes et ses espaces à la “IKEA/Trucmuche” du monde, ressemble à un showroom vendant des meubles à monter soi-même, en plus confortable. Ça sent le café, les boulettes de la cafétéria sont identiques à celles de la célèbre enseigne, et le plat du jour n’est plus le jambon-beurre/croque monsieur-café, mais un quinoa light arrosé à la sève de coco.

L’entreprise intime = L’ère des espaces de travail sans portes.

Qui oserait-il disposer d’un bureau fermé aujourd’hui ? Les patrons d’entreprises innovantes vivent en compagnie de leurs collaborateurs, ils se tutoient, voire partagent les détails de leur vie privée, sans nulle réserve. On se raconte tout, on entend les conversations des autres, on sait… presque tout. Qui sait apprécier ou non, peu nous importe, car ces codes sont nettement extravertis, et mieux adaptés aux ambivertis et aux expansifs, parce que moyennant ce que l’on sait de l’introversion, elle est affaiblie, cherchant sa place au sein de cette agitation salariale, certes chaleureuse et nettement moins obséquieuse que l’entreprise d’antan, pourtant incommodante pour certains.

En conséquence, l’introverti, le vrai, peut rapidement se sentir en trop, ou excessivement stimulé dans un environnement si lumineux et bruyant, sans espoir de répit, ne serait-ce que quelques minutes durant la journée. Enfin sauf si l’on décide d’aller à midi au cours de yoga… collectif.

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L’entreprise copine = L’ère des médias sociaux d’entreprises.

Les introvertis, on le sait, emploient les réseaux sociaux avec parcimonie et se méfient amplement des effets délétères d’une présence virtuelle permanente et d’une vie privée publique. Le malaise ? Les discrets largement absents des médias sur internet, l’entreprise poste ses exploits en ressources humaines désormais, à la manière des instagrameurs, mettant en scène des stories vantant le bien-être de leurs employés autant que leurs produits et services. Une éthique nouvelle atteint l’apogée, que l’introverti peine à accueillir sereinement, tant ses besoins sont niés quotidiennement au sein de l’entreprise contemporaine.

L’entreprise Club Med toute l’année = L’ère du catering-pressing-yoga-garderie.

Musique lounge, sièges de bambou, jardins d’hiver, fauteuils designs, “tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil” dans mon entreprise. On dépose bébé à la garderie, il y a des plantes partout, le café chaud attend les amateurs qui habitent dorénavant dans les locaux de leurs employeurs. On besogne zen sur des horaires élastiques.

On pourrait y séjourner, tant les prestations y sont comme à l’hôtel : pressing, cantine bio, salle de repos. On fait garder bébé et on passe lui faire un bisou à la pause. Tout ceci est absolument extraordinaire, oui… pour l’extraverti ou l’ambiverti, adaptés à la promiscuité permanente ; malheureusement l’introverti lui, se sent piégé dans une entreprise omnisciente et omnipotente. Omniprésente. Même le week-end, on “séminarise” tout le staff pour le motiver, favoriser à cultiver l’esprit d’équipe.

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Que reproche-t-on à l’introverti ?

L’introverti répond immanquablement avec moins de souplesse au brainstorming quotidien, et au “team-spirited” tel que l’on souhaite formater tout le monde, faire s’aligner les individualités. Tous vêtus pareil, sauf l’introverti qui résiste dans son coin, quelquefois jugé comme rigide, ou peu amical, manquant de compétence et de créativité. Fatalement dans un brouhaha pareil, l’introverti perd ses facultés. Selon le site Monster.com, l’introverti serait perçu comme sans enthousiasme, antisocial, “soliste”, et inattentif.

En effet, lorsque l’on imagine ce qu’est devenue l’entreprise aujourd’hui, l’introverti ne peut que s’y sentir peu dans son élément. C’est en cherchant à collaborer avec elle, simplement pas nécessairement en interne, que l’introverti pourrait peut-être y trouver une place, paradoxalement.

Se Former = Devenir Manager.

C’est la solution la plus évidente, pour les introvertis qui cherchent à s’extraire d’une institution envahissante. Il suffit de changer de position dans la hiérarchie de l’entreprise et de négocier un espace dédié au travail en solo. L’introversion est une valeur ajoutée si l’on décide d’accepter sa dimension en leadership ; l’introverti n’est pas un mouton, pourquoi demeurer dans le troupeau ? Quel que soit secteur d’activité auquel on est soumis, on peut se fixer l’objectif de progresser au sein de l’organigramme, et de prendre le plus de responsabilités envisageables. Un introverti malheureux en entreprise, l’est certainement par déplaisir et insatisfaction, au-delà des considérations ci-dessus.

Se Former = Devenir Entrepreneur (ou exercer en libéral).

Une initiative exigeant du courage : entreprendre est encore la meilleure façon de proposer un service équivalent à une échelle différente notamment en matière de coût, en tout cas au démarrage, ou bien de proposer de sous-traiter à son entreprise une partie de son activité, en devenant patron.

Le monde de demain délègue dans tout ce qu’il est possible d’outsourcer (externaliser). Autant devenir le prestataire favori de son ex-employeur, car l’indépendance procure un confort inestimable aux introvertis qui ne trouvent pas leur place dans l’entreprise d’aujourd’hui. De toute évidence, entreprendre est nettement plus aisé pour les introvertis qui sont naturellement consciencieux, disciplinés, organisés et prospectifs.

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Se Former = Devenir Freelance/Consultant.

Également de l’outsourcing, mais individuel, on peut tout simplement devenir contractuel. En plus d’une grande flexibilité, on a de ce fait l’opportunité d’élargir ses compétences à des secteurs d’activités tout aussi captivants, et de détenir un savoir faire inégalable rapidement. Les discrets sont conçus chimiquement pour travailler en parfaite autonomie, et de ce fait, retrouver une place spacieuse au sein de l’entreprise. On peut toujours retourner manger à la cantine les jours de débriefing et faire partie de l’équipe. De loin.

Se Former = Devenir Artisan.

C’est l’ultime solution, si l’entreprise façon start-up ne convient plus à son tempérament, et c’est tout à fait envisageable, on peut tout à fait changer de branche, tout simplement. Parfois, on ne s’adapte pas parce que ce que l’on n’est pas supposé être là où l’on subit. Si l’on se sent malaisé quelque part, c’est que l’on est attendu ailleurs. Les métiers de l’artisanat sont parfaits pour les introvertis : persévérance, perfectionnisme, rigueur et patience. Ces qualités sont naturelles chez les introvertis, comment ne plus ignorer ce potentiel dormant en le transformant en passion ? En déterminant sa ou ses vocations. Parce que lorsque l’on vit de ses passions, on ne travaille jamais plus.

TheIntrovertSinger

Understand the Inner Life of Workplace Introverts : Monster.com

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