Introvertis : La Performance En Public

Quelques astuces à partager pour vivre ses passions pleinement

Les introvertis sont souvent sur scène : acteurs de théâtre, mais aussi de cinéma ou encore Youtubeurs, orateurs de tous horizons, musiciens et chanteurs, sans oublier les disciplines sportives. Il paraît que l’introverti prend bien la lumière, il serait donc dommage de priver le monde d’une étoile, on lève les yeux au ciel, et on oublie ses préconceptions pour vivre une expérience à 100 %.

Combien d’introvertis sont notoires dans leurs disciplines : ne serait-ce que les orchestres professionnels, ils sont majoritairement composés d’artistes virtuoses introvertis, et c’est certainement leur rythme de travail soutenu qui fait la différence. On travaille dur, et on monte sur scène en ayant à l’esprit que rien ne vaut une préparation en béton armé, avec la certitude que l’on y est à sa place : le syndrome de l’imposteur se conjugue mal avec le trac.

Il faut apprendre à se réconcilier avec soi-même, avec qui on est si souvent brouillé. 

Fénelon 

Le trac des introvertis :

“Peut-On Être Acteur et Introverti ?”, ici

D’origine interne, nettement plus difficile à canaliser par des techniques traditionnelles : on ne va pas citer des mantras à la Coué, cela n’ira pas du tout. Les introvertis sont des individus ayant besoin de mobiles endogènes pour trouver les ressources de sortir de sa réserve naturelle. Un discret ne fait pas ce que les autres font avec plaisir. Les prises de paroles sont en réalité peu appréciées, si l’unique objet de cette dernière est de distraire une assemblée, ou de s’y faire remarquer. Un ‘réservé’ pense et élabore chacune de ses actions, dont la spontanéité n’est jamais une composante ou compagne agréable, surtout associée à de la surprise, l’introverti préfère cognitivement prévoir et anticiper. Le trac d’un introverti provient de son absence de contrôle, car la part d’inconnu d’une performance peut démotiver l’introverti.

Les bêtabloquants : On ne peut pas s’en passer si réellement on souffre d’un trac invalidant et on décompresse aussi, c’est courant : de Broadway à Bercy en passant par les plus grands artistes virtuoses (ou chirurgiens pressurisés), par conséquent les médecins sont habitués à délivrer ce micro coup de pouce sur ordonnance à leurs patients artistes ou orateurs, surtout en début de carrière. Un seul impératif : une consultation complète, ⛔ surtout pas d’automédication. Voilà.

Une seule mission : être soi-même

Comment ne pas céder à la tentation de trop en faire ? Être soi demande un courage dépassant l’entendement, jouer un personnage sûr de lui, est évidemment une méthode primitive employée trop souvent. On en a marre des “fauxbloyants”. On veut du vrai. Bien évidemment, on ne peut pas arriver en tournant le dos à son auditoire, et encore, il y en qui ont osé. Porter un seau sur la tête comme un célèbre guitare-héro introverti jouant sur bande son, la tête dissimulée, Brian Patrick Carroll dit Buckethead (Intp). Pourquoi pas ? La vulnérabilité est attachante, se montrer tel que l’on est, reste encore la meilleure entrée en matière. Laisser du blanc, des silences, des temps morts. Prendre sa place, laisser le charme agir, sans précipitation. Quant à la peur (peur = excitation), elle s’en ira d’elle-même, il faut la vivre pour se sentir exister : il vaut mieux être apprécié pour soi, non ?

Établir clairement ses motivations

La gloire n’est pas une motivation introvertie : peut-être chez certains individualistes, mais globalement les introvertis ont besoins de mobiles intérieurs : c’est là que l’on cherche son énergie, contrairement aux extravertis qui cherchent leur essence au-dehors. C’est en soi que l’on sait ce que l’on souhaite vraiment et authentiquement offrir et communiquer. S’il s’agit d’un centre d’intérêt dont on fait une profession, c’est encore la meilleure façon de ne jamais travailler une minute du reste de sa vie, ou simplement faire un métier enrichissant exigeant de se tenir devant une audience. L’introverti reçoit ses gratifications en internes et les définir permet de ne pas se tromper soi-même en sabotant ses performances.

Être vraiment autonome

Les introvertis doivent contrôler, et tant qu’à faire, tout. On ne peut pas se permettre la dépendance quand on est introverti, il vaut mieux essayer de vivre ses prises de risque seul, en en prenant l’entière responsabilité. Garder la main et la maîtrise de sa prestation est un confort dont l’introverti ne peut se passer, loin d’être un luxe, c’est une garantie de conserver l’esprit libre à ce que l’on fait. L’introverti est perfectionniste, par conséquent, indépendant.

Travailler d’arrache-pied

On travaille et retravaille sans relâche, cela devrait être 24/7, y penser tout le temps, imaginer, faire et refaire jusqu’à épuisement, et… Maestria. On ne devient pas le meilleur en visualisant des sottises, mais en travaillant, en repassant inlassablement les mêmes combinaisons, puis en les enrichissant. L’introverti est généralement une créature appréciant la structure et les habitudes : favorisé, un introverti étincelant en public est un introverti sur entraîné.

Rester à l’intérieur

On rentre dedans. Comment ne pas laisser échapper son énergie psychique quand on est introverti ? Trouver une parade, un mouvement, refermer les yeux, mais il faut ne rien laisser entrer en soi des autres. On a travaillé dur, et restituer cette masse d’efforts en public avec un niveau d’excellence exige une discipline comportementale : on voit les gens, mais on ne les laisse pas atteindre en soi, ni leurs expressions : se recentrer en interne, en faisant un geste de retour, tourner ou décaler le regard, mais ne pas se laisser happer par l’audience. Un introverti vit dedans et le montrer, demande d’y rester, bien ancré. Une fois que l’on est stable et intériorisé, on s’exécute devant une audience qui reste hors de soi. Et qui apprécie.

Partager, ne rien prendre

C’est encore une fois un langage hautement symbolique, que peut-être certains ne comprennent pas : on ne peut pas prendre et donner en même temps. L’introverti ne fonctionne qu’en vase clos, et ne compte pas sur le fuel des ors d’applaudissements en salves, fussent-ils nombreux. En revanche, une motivation que le discret apprécie singulièrement consiste au partage : un introverti qui rend son univers accessible agit en toute fraternité pour la satisfaction qu’apporte une complicité légitimée, qui plus est par ses soins.

Pratiquer la couverture d’erreurs

Dans un article, la harpiste introvertie Cynthia Kuni l’évoque largement. On ne peut pas être parfait, cela n’existe pas, c’est du vent et une perte de temps : apprendre à cacher ses imperfections, on les connaît tous, on sait ce à quoi l’on a failli par moments : on ne peut pas s’exécuter le jour ‘J’, comme en répétition, en pleine forme comme cela arrive souvent quand on travaille sans pression. On pratique l’art de couvrir l’erreur, l’improvisation délibérée, la note que l’on monte ou que l’on tient pour cacher une faille, on performe, et on prend au sérieux toute éventualité prévisible : à force de pratiquer, on sait que l’on est susceptible de lâcher du lest sur certains aspects et que l’on compense les autres. C’est l’art du spectacle. Cacher les (petites) misères.

Pratiquer devant n’importe qui

Comme un vaccin : jouer les fenêtres ouvertes, pour les chanteurs ou musiciens, ça rend meilleur, je le fais en permanence : jouer, performer devant tout le monde, tester sur n’importe qui, tout le temps. À force de s’immuniser du regard extérieur, on finit par l’oublier. Pas complètement, mais suffisamment pour que le baromètre ne soit plus externe. Un introverti à l’aise est un discret qui se sent maître de ses ressentis, sentiments et modes d’expression, qu’il peut désormais utiliser comme un peintre et ses palettes aux différentes textures : un jeu riche et maîtrisé permet une expressivité aussi limpide et élégante que la nature introspective de son auteur.

Se détacher de la perfection

Un article abordant le perfectionnisme est disponible ici, mais il faut admettre que cesser de refuser les échecs, ne fait que les confirmer. On se plante, on y retourne, et on finit par vaincre cette autre, une ombre, celle qui nous murmure ses doutes à l’oreille : quand je passe une contre-note, il m’arrive encore de la passer de travers, et je sais que celle-là je n’étais certaine de la passer. Plus on se détache de cette maudite perfection, plus on le devient… achevé. L’introverti rumine, et c’est cette petite spécificité qu’il faut transformer en or. Comme se répéter la note ou phrase que l’on souhaite taper sans problème, dans différents contextes, notamment d’imprévus. En peu de temps, cela devient une seconde nature. En se rappelant que les erreurs poussent vers la meilleure version de soi, et ça l’introverti l’oublie parfois.

Trouver un uniforme

Cela peut sembler peu important, mais l’introverti a besoin d’une armure pour vivre cette sortie de corps publique sereinement : certains optent pour l’ultra conformisme, d’autres au contraire, l’excentricité, mais incarner son personnage en le caricaturant légèrement est une astuce sans contrainte, libératrice. Cela libère aussi du souci de ce que l’on souhaite véhiculer, en apportant la touche non verbale que chacun affectionne. On peut tout se permette, que l’on soit un introverti orateur ou artiste, on peut donner une version contradictoire délibérément ou en contre-pied atténuer son propos, il suffit de le prévoir et d’en faire une marque de fabrique. Un introverti qui partage son univers est un discret assouvi et épanoui. Le monde a besoin de beau pour devenir bon.

TheIntrovertSinger

Suggestion de lecture :

Harp My Day, Peformance Anxiety : Cynthia Kuni (Harpiste)

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