Introvertis : 6 Raisons de Quitter les Médias Sociaux

Une exhortation à la renaissance des dignités virtuelles

Les introvertis, nous le savons dorénavant, sont considérablement moins influençables que les tempéraments plus expansifs et sont aussi moins perméables vis-à-vis de l’influence des réseaux sociaux. Néanmoins, de nombreuses études prouvent que les médias virtuels font l’objet d’une inquiétude qui vise autant les introvertis que les autres. Exposé.

Des médias pas si anodins

On ne peut pas mésestimer le phénomène des réseaux sociaux : que l’on soit un usager jeune ou parent, on ne peut qu’admettre la puissance de ces plateformes de divertissement dont l’objectif premier est de fidéliser et d’absorber le temps de leurs utilisateurs, en leur offrant le plus de contenu possible suggéré avec insistance. On peut extrapoler à toutes les dépendances existantes, car les scientifiques qui se sont penchés sur ce phénomène sont catégoriques : il s’agit bien de compulsions.

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Ces outils sont conçus pour laisser peu de choix à leurs visiteurs, que de revenir sur ces réseaux mettant en scène la vie quotidienne fictionnelle de ces acteurs cherchant à obtenir le plus d’attention mercantile. Pourtant, ce que l’on tend à ignorer plus ou moins consciemment, est l’absence de choix lorsque l’on est embarqué dans une spirale dont les comportements sont induits consciemment cette fois par des algorithmes calculant et prédisant les habitudes de consommation envers leur média.

Les introvertis face aux médias sociaux

Comme tout le monde, on ne peut échapper à l’emploi de ces plateformes largement utilisées par l’entourage des introvertis. Les discrets, comme tout un chacun sont ainsi potentiellement des cibles, ce terme un peu barbare en marketing, définissant les tranches à lesquelles les utilisateurs d’un médium appartiennent, afin de les y faire persister le plus de temps possible. On est piégé par des mathématiques appliquées, ingénieusement, afin que personne demeure imperturbable.

Les introvertis sont ciblés, comme les autres sur les médias sociaux, une fréquentation induite par une compulsion, et certainement pas pour développer une estime forte et une conscience de soi rétablie, mais au contraire, pour induire des incertitudes, qu’il est problématique d’identifier sans prise de conscience aiguë. Car le cerveau tend à prendre rapidement des habitudes, dont il vaut mieux se prémunir, parce qu’il est plus simple d’éviter une compulsion en amont, plutôt que de s’en défaire. En effet, les médias sociaux agissent comme une drogue, sur le circuit de récompense, pour finir son chemin anxieusement, évidemment.

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L’image de soi dégradée = La comparaison sociale

L’effet est dévastateur et délétère sur l’estime et l’image de soi. Un introverti est mieux immunisé, toutefois, on ne peut pas l’être totalement, et c’est effectivement sur cette brèche que ces plateformes misent pour induire une identification artificielle. La comparaison induite par la nature humaine conformiste relevant de la survie à l’échelle de l’évolution, fait levier et restreint le libre arbitre de l’introverti qui s’y expose à répétition.

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On peut regretter que la confrontation communautaire soit une plaie typiquement féminine, établie par de nombreuses études : Les femmes, de ce fait les introverties, sont des cibles idéales grâce à leur grande sensibilité et sentiment d’inadéquation, souvent ressentis dès le très jeune âge. Une introvertie, mais aussi un introverti, ne peut s’empêcher de s’interroger sur sa valeur à la vue de ces boniments virtuels, et cela est la raison première impérative, indéniable et détestable : la comédie virtuelle à laquelle se livrent ces acteurs, au sens figuré et propre, n’est qu’un leurre. Une manne financière commode pour des personnalités vaguement compétentes par ailleurs.

Les égos atrophiés = Le narcissisme encouragé

Lorsque l’on met en scène la version retouchée d’une illusion, on expose les autres à un avatar fictif que l’on souhaite faire passer pour un standard inatteignable, induisant une identification toxique, dévalorisante, néanmoins surtout déshumanisante : le nombrilisme des réseaux sociaux ne promeut pas la connaissance, mais l’obscurantisme. Ces plateformes virtuelles sont aussi obscures que les minis scénarios mis en scène, afin que le spectateur se trouve dans une position voyeuriste, alimentant une source de nourriture narcissique pour les acteurs des médias sociaux, qui produisent des contenus creux, sans substance, sinistrement accessibles au plus grand nombre.

Ce narcissisme direct et toxique, exposant des personnalités étalant une fiction de soi standardisée, autopromotionnée, promotionnant la convoitise. On croit que ces gens sont vraiment comme ils le prétendent, quand la réalité n’en est strictement rien. Les introvertis, malgré leur divergence évidente, y sont soumis, au même titre que les autres. On ne peut pas vivre en totale autarcie, toutefois ne pas dénoncer encourage une vision lisse et narcissique de l’humanité conduisant à l’échec.

La toxicomanie = La santé mentale stupidement atteinte

On a trouvé une corrélation entre la fréquentation des plateformes telles que Facebook, Instagram et Snapchat, et des symptômes dépressifs et anxieux. Ces médias sociaux sont aussi largement corrélés avec des troubles plus sérieux comme les compulsions, équivalent aux troubles addictifs. Cela évoque que les réseaux sociaux agissent comme des substances psychotropes générant une dépendance, avec tout ce que cela sous-entend, notamment pour les introvertis.

On a exposé un groupe aux réseaux sociaux et on s’est aperçu qu’au-delà de quelques minutes par jour, les sujets développaient des troubles liés à l’anxiété. Ainsi, les introvertis particulièrement sujets à ces difficultés naturellement, sont scientifiquement validés dans leur circonspection. Celles et ceux au tempérament introspectif, savent que le risque des obsessions corruptrices, reste celui de ne pas chercher de l’aide, et de nourrir un appétit malsain pour un voyeurisme induisant une image de soi dévalorisée, une compulsion prédisant un retour sur ces plateformes pour apaiser une anxiété qui ne fait que s’accentuer au fur et à mesure du temps auquel on expose son cerveau à des stimuli malsains.

Le conditionnement = L’influence mentale

On ne peut pas nier que le libre arbitre est indubitablement peu promu au sein des réseaux sociaux populaires. Comment ne pas constater l’hégémonie des discours réduisant ces utilisateurs à des spectateurs soumis à un discours uniforme ? Effroyablement restrictif, un contenu dont le vide est dissimulé par une hypersexualisation et un exhibitionnisme jusque-là inédit.

Évidemment que le XXIᵉ siècle a donné naissance à de nouvelles générations de célébrités, dont le seul mérite est de tirer avantage d’une éventuelle fragilité ou absence identitaire, que l’on peut considérer comme un opportunisme banal, malheureusement en conséquence, le reflet d’une perte de sens que nous avons tous pour mission collective de pourvoir en comblant par du signifiant. Un retour aux essentiels, à soi, au collectif malmené par des valeurs pourtant existantes en chacun, que l’on retrouve en s’éloignant des vains conditionneurs. Car il ne peut pas en être autrement, tant les médias sociaux sont des vecteurs surpuissants, générant une identification difficilement résistible.

La perte de sens et de temps = Les relations frivoles

Combien de notifications reçoit-on par minute sur nos outils digitaux ? On est sans cesse sollicité par le moindre réseau social, puisque ces plateformes se nourrissent de ce que leurs utilisateurs distraits à coups d’algorithmes savants ciblant à la perfection les talons d’Achille humains. On perd l’essentiel et de ce fait, forcément son temps. Quelle ressource plus fondamentale que le temps, toute l’énergie dont nous disposons est issue du temps que l’on parvient à employer pour son avantage, et certainement pas en faveur des oligarchies virtuelles.

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On ne peut pas nier l’apport des nouvelles technologies, dont un usage rationnel permet de partager des contenus édifiants et capitaux. En revanche, on ne peut que déplorer l’esprit humain trompé par la recherche de simplisme, préférant nettement, et cela est parfaitement naturel, des récréations par facilité, perdant ainsi peu à peu la vitalité perdue en la gaspillant en absorbant inconsciemment des informations absurdes et trompeuses.

L’étalage de la vie privée = L’absence d’éthique

Lorsque l’on livre des détails de son intimité et que l’on laisse entrer chez soi et en soi des observateurs exogènes, il est évident que l’on expose son intégrité à des projections, qui terminent leurs courses dans nos mémoires, et pas n’importe laquelle, la mémoire émotionnelle, celle du corps. On ne peut pas partager autant sans conséquences, cette problématique éthique est au cœur des réflexions de nombreux individus se posant la question du droit à l’image.

Notamment celle des enfants, exposés trop fréquemment aujourd’hui. Et puis l’on sait que se retrouver en photo sur les réseaux sociaux dans des situations intimes et privées affecte la réputation comme la vie professionnelle, et quelquefois la vie affective. Est-il judicieux de susciter l’envie, de générer des regards avides en exposant ostensiblement ses occupations ? Pense-t-on aux autres aux moments où l’on se vante, que nourrit-on lorsque l’on décide d’étaler des biens matériels, que cherche-t-on à valider ? Autant de questions que chacun en son ‘libre arbitre introverti’ sait traiter avec justesse, en toute conscience, selon son système de valeur introspectif.


TheIntrovertSinger

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