Introverti : La Confiance en Soi, Mythe ou Réalité ?

Pourquoi est-il possible qu’une transformation soit un leurre, produisant l’effet inverse ?

C’est très à la mode, on le sait : le développement personnel est en vogue, on voit fleurir toute sorte de programmes proposant des recettes miracles et alléchantes en pensées magiques, promettant de se métamorphoser en en une version de soi perfectionnée. Éclairages.

La confiance en soi, une imposture ?

Il est inutile de le répéter, tout est apprentissage. Que l’on cesse de vendre de l’illusion à des individus introvertis vulnérables, qui cherchent simplement à trouver une place, celle qui leur revient de plain droit, comme tout un chacun. On ne peut pas grimper aux arbres si l’on est une truite, comme l’illustre introverti Einstein l’a expliqué à maintes reprises, et il est loin d’être le seul à tenter de faire passer une information capitale : la réponse demeure et dort en soi.

On ne peut pas découvrir sa mission avec succès et s’accomplir en se nichant dans une imposture, et la confiance en soi est un artifice, un postulat erroné, induisant une inadéquation, alors qu’il n’en est strictement rien. Naître individuellement, est la véritable source de bien être en chacun d’entre nous.

Celui qui regarde à l’extérieur, rêve. Celui qui regarde à l’intérieur, s’éveille.”

Carl Gustav Jung

À Lire : L’Introverti Anxieux Fonctionnel En 17 Signes.

Contextualiser l’introversion.

Un introverti n’est pas TIMIDE. Et lorsqu’il l’est, cela indique simplement qu’évidemment, qu’il y a un décalage entre ce que l’il est et ce que l’il souhaite être. Comment ne pas se sentir décalé, lorsque l’on n’est jamais ô grand jamais à sa place ? Celle que l’on est supposé occuper grassement, comme une amplitude caractéristique de soi, dans une dimension parfaitement mesurable par soi, ajustée librement. On est piégé par des désirs inassouvis, des besoins ignorés, des attentes noyées dans des frustrations en série.

Être introverti et anxieux : là aussi, cela est évidemment l’autre inévitable sanction, ajoutant à l’estime que l’on se porte, un nouveau prétexte pour continuer d’alimenter un cercle infernal d’insatisfactions, dans la chronicité, en compagnie de moments durant lesquels on ne sent pas trop mal. Et l’on vivote stérilement, puis surviennent d’autres périodes pendant lesquelles on perd le sens, le signifiant, et l’on ne se perçoit que dans la séparation d’un collectif lointain, auquel on ne se reconnait aucun lien ni affinité.

La vie heureuse, est celle qui est en accord avec sa propre nature.

Sénèque

L’introversion est une divergence scientifiquement validée.

Que les introvertis qui ont du mal à l’accepter, commencent par relire les articles de la rubrique Science sur ce site, ils sont une validation rationnelle, offrant une explication achevée. Alors, on ne reprogramme pas son cerveau à l’aide d’articles citant des études scientifiquement menées, donc reproductibles, concédant une prise de conscience par laquelle chaque introverti peut enfin creuser la première brèche à propos de croyances lointaines, acquises dans la primo enfance, dont déprogrammer les conditionnements demande des efforts consistants, et des actions.

Rien de surhumain, rien que n’importe quel introverti ne puisse pas accomplir. Se voir dans les projections d’autres, est une composante humaine, dont nous avons tous, le collectif, à nous débarrasser. S’y encourager dans l’entraide est une obligation, afin que la collectivité bénéficie enfin d’individus affirmés, capables d’élever la condition stagnante, d’une humanité qui parvient à se reconquérir. Nous n’en sommes qu’aux balbutiements, et les introvertis concernés sont des pionniers.

Être authentique c’est accepter de voir qu’on est ce que l’on est et pas ce que l’on imagine être en regardant son personnage dans un miroir.

Karlfried Graf Durckheim

Devenir une meilleure version de soi est une idée catastrophique.

On n’a pas à changer quoi que ce soit. C’est le regard que l’on porte sur soi et le narratif que l’on y associe qui s’occupe de mettre en place toutes sortes de sabotages, freinant un cheminement naturel, humain, un processus de différenciation, d’individuation. Nous sommes sur terre pour qu’une somme d’individus – et les introvertis ont toujours largement contribué – laissent un héritage, une trace pour les générations à venir, s’approcher d’un modèle humain dont la conscience ne laisse plus les égos survivants continuer à contrôler les choix du collectif.

Un introverti ayant développé un sens de soi aigu, est un don pour toutes les communautés, un humain accompli, laissant à voir et connaître une vérité partageable et identifiable par toutes et tous. Une responsabilité individuelle et collective revient à chaque individu qui décide de prendre sa place, demeurée vide jusque-là.

À Lire : Science et Introversion, Tous les Articles.

Ce n’est pas le fait d’être aimé par quelqu’un qui guérit notre guerre civile intérieure, c’est d’être aimé par soi-même, de s’accepter, de la racine à la cime.

Placide Gaboury

Créer un nouveau neuropathway ! : La neuroplasticité.

Tout est apprentissage : on a l’habitude de s’inquiéter ? L’introverti dispose d’un cortex hyperactif performant, pas du tout conçu pour les calmes olympiens. Cela donne des crises d’angoisses rationalisées par la persévération d’un cortex préfrontal qui régule insuffisamment une amygdale suractivée. C’est Génétique. On a découvert l’allèle commun à tous les inquiets chroniques, on ne peut rien y faire… vraiment ? Un introverti pratique la rumination en sport de haut niveau, champion hors classe, et l’on lui fait croire que travailler la confiance en soi est une option viable ? Ce sont des absurdités.

De nombreuses disciplines scientifiques, des experts de tous horizons expliquent très bien l’atypie, et cela est une opportunité sans égale d’appréhender comment nos cerveaux emploient des chemins, des préférences et habitudes, menant au carnage émotionnel et interne que vivent trop d’introvertis. Changer ses habitudes est un apprentissage, au même titre que l’on a appris à marcher ou à faire du vélo. On peut créer un chemin constitué de synapses et d’astrocytes, afin de leur débroussailler une nouvelle voie. Pourtant, passer par un stade admettant que l’on ne change pas sa nature, et qu’il faut l’accepter, est un prérequis.

 Accepte tes limites de toutes parts. 
 

Jean Guitton  

Trouver sa place sans regarder les voisins.

On étouffe collectivement de ces photos ‘glamours’ des réseaux sociaux qui cachent maladroitement toute la misère intellectuelle et affective derrière ces icônes de reality-show ou business. Ces individus sont souvent en bien plus mauvais état que leur audience. L’herbe est nettement plus sèche chez les voisins, pas une biquette n’y déguste le vert pâturage desséché et repoussant. Cela ne signifie pas tout est noir, mais il faut comprendre que tout est plutôt gris, chez tout le monde.

Les modèles Instagram ou inspirateurs populaires vivent leurs enfers personnels, comme tout un chacun. L’humanité précaire et asphyxiée sous les faux-semblants, débute collectivement un voyage auquel l’introverti, un acteur penseur illustre célèbre autrefois, est finalement en train de retrouver sa place dans l’espace collectif à bout de souffle. Les apparences ne trompent plus personne.

 On peut tromper tous les hommes, mais on ne peut se tromper soi-même. 

Benjamin Delessert 

S’accepter est la première marche vers soi donc vers l’autre·s.

À Lire : Est-ce que je souffre de honte toxique ?

Une version de soi améliorée reste une promesse mensongère, puisque la vie est une série de ruines successives dont on ne nous a pas suffisamment appris à se relever. Les arts martiaux enseignent l’art de tomber en premier. Se relever va de soi, si l’on sait amorcer ses chutes, parce que les assouvissements n’existent pas hors de soi. On ne change pas, on fait semblant.

Les introvertis jouant un rôle le regrettent péniblement, comme je le lisais sur Reddit.com, le témoignage saisissant d’un jeune introverti, qui a regretté amèrement d’avoir abandonné son poste de nuit et ses habitudes d’introverti geek et solitaire, pour un emploi de jour et des sites de rencontres, envisageant que ce type de changements allait lui apporter autre chose, que ce sentiment encore plus profond d’inadéquation. Et si les introvertis cessaient de rejeter leur nature, que se passerait-il ? Eh bien le reste suivrait, spontanément.

TheIntroverSinger

“Ce que mes gènes disent de moi”, un documentaire de la neurobiologiste et journaliste, Lone Frank.

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