Pourquoi Les Introvertis Détestent-Ils le Bavardage ?

Pourquoi les introvertis évitent-ils les échanges de banalités ?

Quand on croise deux introvertis se saluant dans les couloirs de l’entreprise où ils travaillent, c’est assez truculent, on rase les murs en se saluant le plus tardivement possible, soulagé intérieurement d’avoir évité un bavardage inutile. Pourquoi cette habitude sociale presque obligatoire fait-elle tant horreur aux introvertis ? Découvrons ensemble un autre aspect intrigant de l’introversion.

Définition de la discussion mondaine :

Le bavardage ou small talk est un type de discours, un échange de faits non importants, dont la fonction phatique (Bronislaw Malinowski) (communications de vérification, Roman Jackobson), sert à attirer l’attention entre locuteurs. On évite la gêne, en alimentant ce papotage banal avec des données générales, commentant le temps ou la page sportive du Parisien libéré.

Pourquoi bavardons-nous ?

C’est un cérémonial important, fondateur. Les sociétés se sont construites autour de ces petits mensonges socialement admis. Ce sont des habitudes, des politesses légèrement hypocrites que l’on doit, comme une dette à son prochain. Le prochain en question est vexé si on ne lui verse pas sa dime en conversations ennuyeuses. Jugeant avec sévérité le malotru introverti.

L’art du bavardage.

Les introvertis sont divergents en pensée, et forcément en acte. Un article paru dans le Journal of Personality and Social Psychology, a invité deux groupes de femmes, aux tempéraments mixtes introvertis/extravertis, à discuter. Confirmant que le bavardage mondain ne se fait pas entre introverties. Entre elles, les introverties échangeaient sur des thèmes précis, résolvant des problèmes, loin des extravertis se cherchant des accointances. Cet article confirme les grandes différences entre les cerveaux à la pensée convergente et les divergents.

a) On cause, on papote, on bavarde.

Les échanges de banalités ont toujours existé. Ce sont des appuis tissant du lien social. S’il n’y avait que des introvertis, on n’échangerait pas au supermarché avec Madame Dupont, en présence de l’introverti épouvanté à l’idée d’avoir à participer à cette conversation, évitant de passer encore une fois pour mal adapté socialement.

b) Chercher quelque chose en commun.

C’est ce qu’on apprend quand on fait une recherche sur le bavardage social ou mondain. Il faut se trouver des points communs à l’instar des extravertis de l’article sus-cité. Les gens échangent des propos fédérateurs autour d’expériences communes. Pour L’introverti, c’est quasi impossible et nous allons voir pourquoi.

c) Puis faire une révélation sur soi.

C’est ce qui risque de mettre mal à l’aise l’introspectif. Parce que les introvertis n’ont pas grand-chose à voir avec monsieur et madame tout le monde, se raconter à un étranger, non sans dissimuler qu’on fait peu de choses comme tout le monde, renforce le sentiment d’une conduite inappropriée.

d) Poser une question.

Ou bien demander un renseignement. Néanmoins il est nécessaire qu’il s’agisse d’un thème superficiel à l’intérêt feint. C’est comme cela qu’on doit se comporter au chez Leclerc, quand on rencontre la charmante Mme Dupont. Faisant ses courses comme tout un chacun, profitant de ce moment pour tisser du lien, assistée de banalités policées. Cependant, les introvertis réprouvent et s’abstiennent de causettes, car ils ne savent pas faire.

Le bavardage et Darwin.

Il faut tout de même comprendre qu’à l’échelle de l’évolution, le papotage superficiel est important. Faisant l’objet de recherches en anthropologie, il s’agit d’un sujet édificateur dans la compréhension de l’espèce humaine. Le bavardage n’est pas aussi anodin qu’il y parait, nouant les maillons essentiels à la chaîne sociale, et pourquoi pas à la survie de l’espèce ?

Langage verbal et non verbal.

On est au cœur du problème, ou presque. Le langage corporel couplé au contact visuel, ritualisés, sont des plaies pour les introvertis réservés naturellement. Ces échanges ritualisés langagiers ne sont pas la spécialité de certains introvertis. Il faut savoir quand démarrer et terminer une phrase harmonieusement, ne pas trop en révéler, acquiescer, ponctuer, opiner du chef, bref : la maladresse aux habiletés sociales des introvertis peut poser problème.

Le champ sémantique du bavardage.

Oui, il y existe un lexique du babillage courtois. Implicite, c’est une sorte de cour peu insistante, que l’on fait à son voisin. C’est déjà presque impossible pour les introvertis inaptes à cet exercice déplaisant. Le cerveau des introvertis n’est pas fait pour ça. L’introverti est un aventurier intérieur, il ne possède donc pas le dictionnaire du savoir-vivre en savoir-faire de banalités d’usages.

Une crainte d’envahissement ?

En effet, les introvertis craignent de ne pas sortir indemnes de cette conversation contraignante. Dont l’incompétence évidente dont font montre les introvertis effrayés, les mains moites tout en sueurs froides, essayant d’éviter une effroyable conversation d’aisance malaisante.

Où pratique-t-on le papotage ?

Partout, dans les boutiques ou avec le voisinage. Chez les amis, au buffet de la fête chez les amis de ses amis, au travail avec le collègue un peu collant. En famille, il faut parfois lui mentir pour avoir la paix ; dans la rue, chez le médecin, et avec son thérapeute. Impossible d’y échapper, mais les introvertis peuvent savoir pourquoi ils sont mal à l’aise dans cet exercice hérité de ses ancêtres.

Les Raisons :

1 Pas de rémunération.

Le fonctionnement introverti est flanqué d’un circuit de récompense hostile aux stimulations. C’est encore et toujours une question de rémunération neurohormone : la récompense dans le bavardage est le lien, créé par le neurotransmetteur dopamine entraînant une sécrétion d’ocytocine responsable des attachements. Les introvertis fonctionnent autrement, l’acétylcholine ne propose pas ce type de rétribution.

2 Les introvertis sont des penseurs abstraits.

Il y a donc une véritable inaptitude à la conversation superficielle. L’abstraction couplée au langage direct, sans fards, empêche de s’adapter aux codes rituels du bavardage. Les introvertis peu qualifiés, sont par conséquent presque incompétents.

3 Des penseurs profonds.

Dans le cadre d’un échange de banalités, la pensée profonde de l’introverti corrompt le discours superficiel obligatoire. Interrompant le rite conversationnel en ne répondant pas aux attentes de son interlocuteur. C’est le malaise assuré. Le défaut d’authenticité qui fait obstacle aux introvertis, ne sachant pas mentir, ou moins bien.

4 les introvertis sont anxieux et fatigables.

L’introversion présente une particularité vis-à-vis des obligations sociales provoquant des appréhensions. Les introvertis conscients s’observent, ne possédant pas la flexibilité et la souplesse nécessaire aux échanges mondains. Cette tâche est complexe pour un introverti, plus volontiers dérangé et stimulé par les effets que provoquent les papotages d’improvisation. C’est en redoutant l’épuisement mental et physique des bavardages, que les introvertis finissent par les éviter.

Excellente écoute + esprit métaphysique = 0 en banalités.

Un introverti traite un bavardage comme à son habitude : aller en profondeur, chercher des détails, résoudre les problèmes. Ou encore écouter avec trop de sérieux et de concentration formelle, très investi. Les introvertis sont les meilleures oreilles qui soient, traitant silencieusement un échange dont l’objectif lui semble flou. Les introvertis sont hors sujet.

Laurie Helgoe dans son livre ‘The Introvert Advantage’, explique que les introvertis sont stimulés et rechargent leur énergie en idées. Parler des gens, de ce qu’ils font ou ce qu’ils savent, ne représente que du bruit pour les introvertis. Les introvertis vont chercher un sens, à lire entre les lignes et sans plus attendre, faire en sorte de quitter cette conversation”.

En effet, les introvertis sont conçus pour penser viscéralement. Assemblant des casse-têtes en cherchant partout les pièces manquantes. Les bavardages mondains et autres papotages créent des inquiétudes frustrantes et superflues.

Cela explique pourquoi les introvertis s’abonnent aux absents.

TheIntrovertSinger

Lecture :

Why small talk is so excruciating : www.vox.com

The Surprising, Deeper Reason Introverts Avoid Small Talk : psychcentral.com

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