Comment l’introversion affecte-t-elle ma santé ?

Les introvertis sont-ils touchés physiquement par leur introversion ?

C’est un thème important, dont les introvertis connaissent bien le détail. Quand on est introverti, la vie ne se dépense pas avec l’intensité d’un extraverti. Les introvertis pondèrent leurs activités en fonction de l’énergie dont ils disposent. En effet, c’est avec un cerveau différent, un système nerveux opposé, et une physiologie atypique, que le chemin de vie de l’introverti, sera exposé autrement à ses vicissitudes.

Introversion ou timidité ?

Il faut peut-être commencer par bien comprendre ce qu’est l’introversion et la différencier de la timidité ou de l’anxiété sociale des extravertis. En effet, un extraverti anxieux social ou hypersensible, n’entre pas dans la catégorie introvertie. Leurs grandes difficultés sont de dépasser leurs troubles, pour vivre selon leur nature, puisqu’on nait introverti ou extraverti. Comme le genre et la couleur des yeux, on ne le choisit pas.

Les timides sont confondus couramment avec l’introversion, et c’est dommage. Notamment pour les introvertis, qui se pensent inquiets lors des interactions sociales, par appréhension. Quand en réalité, il s’agit d’un manque d’appétit, d’énergie et de compétences pour ces dernières. La timidité est un décalage entre un désir qu’éprouve le timide et ses croyances, la dissonance crée l’anxiété sociale. Or, les introvertis ne sont pas timides, mais réservés. Certains peuvent l’être, mais l’introversion est avant tout un tempérament inné.

La génétique du comportement

C’est une discipline multidisciplinaire récente, ayant pour support l’imagerie médicale, et surtout la génétique. On sait aujourd’hui avec certitude, que notre carte d’identité génétique indique quels sont nos tempéraments.

Si l’environnement peut tout à fait modifier certains comportements, et c’est évidemment le cas, on sait que nos traits de personnalité sont hérités. L’héritabilité, dont il est question, serait à hauteur de 70 %. Si on nait dans une famille toxique, l’introverti sensible réagit nettement plus violemment, significativement plus affecté dans son développement que l’extraverti de la fratrie. Quant à la santé des introvertis, on comprend bien qu’il y a des facteurs de risques élevés vis-à-vis de certaines pathologies, tandis que les introvertis sont protégés par la modération de leur nature, quant aux prises de risques.

La santé des autres aussi

L’introversion présente des qualités exceptionnelles, en matière de compétences analytiques et de concentration. Sur le terrain professionnel, le profil introverti on le sait, qu’il soit leader ou non, offre de l’espace aux collaborateurs en manageant par exemplarité. Ainsi qu’une propension à la fidélité et à la loyauté, sexuelle et affective. Meilleure à l’écoute active aussi, l’introversion est un tempérament équilibré, offrant à la famille et l’entourage une présence, sans l’étouffer.

Forces et faiblesses

Puisqu’il faut contraster des complémentarités, car nous en sommes toujours à l’ère de la dualité aliéniste. Les introvertis se connaissant un tant soit peu, savent bien que leur capitale énergétique est fragile. Leurs sensibilités aux stimulations affectent leurs physiologies et leur fatigabilité est une constante, dont ils doivent gérer les conséquences. Afin de conserver une qualité de vie leur permettant d’accomplir leurs souhaits.

Un introverti a besoin de temps de retrait. Pas forcément de sommeil en plus, mais de se reposer. En s’isolant régulièrement pour le maintien de sa santé. Se protéger, contre tous types de sur sollicitation. Afin de garder ses capacités mentales et physiques, est souvent la mission de vie de l’introverti, dont prévoir les parenthèses solitaires est une priorité. Se réjouissant d’un week-end inactif, comme l’extraverti ne peut se l’envisager. On s’est aperçu, que les introvertis ont aussi une santé opposée à leurs pairs extravertis.

Un risque immunitaire

On envisage sérieusement que les effets de notre tempérament sur nos défenses immunitaires. On sait que deux sujets en bonne santé, mais affecté psychologiquement, ne réagissent pas avec la même intensité à une infection ou développent des troubles liés à une baisse de réponse immunitaire. Ou de son emballement. On sait que l’anxiété et l’exposition au stress, provoquent des pathologies diverses, dont il faut prendre au sérieux les conséquences.

Shankar Vedantam, journaliste au Washington Post, a publié un article concernant une étude menée sur des patients souffrant du virus HIV. Confirmant leur soupçon sur une faiblesse du système immunitaire des personnalités introverties : les introvertis montraient une charge virale 8 fois plus élevée, que chez les sujets extravertis. On sait que l’anxiété d’une exposition prolongée au stress, affecte significativement les tempéraments introspectifs/nervosisme (Modèle des big 5).

Moins de risques d’obésité

Les introvertis moins exposés au surpoids ? Une étude portant sur des enfants, selon leurs tempéraments, montrait que les petits introvertis prennent des repas en quantités plus modestes. Les petits extravertis mangeant 33.1% plus de céréales, indique une tendance à se servir des parts plus conséquentes, que leurs camarades introspectifs.

Plus inhibés dans leurs comportements en général, les introvertis sont aussi différents en matière de circuit de récompense. La dopamine moins recherchée par les introvertis, voire évité pour cause de sensibilité à ces effets. Manger par plaisir ou compensation, est moins courant chez les introvertis. Quand on est introverti, on sait que la modération affecte tous les gestes, on consomme moins de tout, par manque de motivation gratifiante.

Moins de risques comportementaux

N’ayant que peu de goût pour les affluences de dopamine, ou d’adrénaline. Les introvertis, dont l’absence de dépendance à l’excitation, protège des maladies sexuellement transmissibles, des banqueroutes liées aux jeux. Peu amateurs de distractions multiples, les introvertis sont également moins concernés par les relations polyamoureuses.

On sait que l’extraversion est un facteur de risque quant à ces comportements. Les introvertis sont protégés des effets sur la santé mentale. Mais aussi des risques d’accidents, conséquences d’excès d’extraversion.

Plus de risque de souffrir de solitude

On sait que la solitude peut écourter la durée de vie de 30 %. La solitude est une des manifestations de l’introversion. À long terme, l’isolement peut changer la physiologie mentale et physique des individus. Finissant par ne plus être simplement solitaires, mais par souffrir de solitude menant à la souffrance mentale.

Les introvertis ayant plus de risque de célibat prolongé, peuvent tout à fait vivre de longues périodes sans relations affectives. Satisfaisant les besoins en échanges dont les humains, primates sociaux, recherchent malgré leurs tempéraments introspectifs. La solitude mène à toute sorte de désordres psychiques. Aboutissant à des complications, dont l’évidente dépression et ses complications. Les maladies des solitudes somatisées, sont courantes chez les introvertis esseulés.

Plus de risque de dépression

Les introvertis ont un fonctionnement naturel proche de la dépression. Employant leur système nerveux différemment, ils sont plus à risques que leurs pairs extravertis, capables d’échanger sur leurs difficultés.

Les introvertis réservés, sont nettement plus seuls face au risque de dépression. Acceptant cet état se transformant en mode de vie. Les introvertis sont aussi plus à risque de se trouver piégé dans le cycle des compensations, en consommant des produits psychotropes, calmant les symptômes dépressifs, mais altérant leur santé.

Risques d’inadaptabilité

Les introvertis ont un cerveau complètement différent, dont la matière grise est plus épaisse et plus dense que chez les extravertis. Hans Eysenck, médecin allemand, a beaucoup travaillé sur les tempéraments. Il a théorisé notamment sur l’éveil cortical, c’est-à-dire l’hyperactivité du cerveau introverti, traitant une quantité plus importante d’informations par seconde, que chez les tempéraments expansifs. Une étude menée en 1999, montre que l’introversion est associée à une augmentation du flux sanguin dans les lobes frontaux et thalamus antérieur, soutenant la théorie d’Eysenk.

La conséquence est la sensibilité aux bruits, aux stimulus. Les introvertis s’isolant plus volontiers par nécessité, supportant avec difficultés les endroits bruyants et très fréquentés. On sait donc que les introvertis sont sensibles non pas par goût, mais par nécessité, il leur est difficile de s’adapter à tout type de situations sociales.

Risques sur les fonctions exécutives

Une étude confirme que la pollution sonore altère significativement les performances chez les introvertis. Cette étude a exposé des introvertis et extravertis aux bruits habituels des grandes villes, dont le trafic a touché plus significativement le groupe déterminé introverti, par la méthode Eysenck (EPI).

En effet, les temps de réactions allongés démontrés dans cette étude, confirment la latence entre la stimulation et son temps de réponse chez l’introverti, par la gêne à s’adapter à l’environnent sonore environnant. Si les introvertis conduisent plus prudemment, ils peuvent subir des accidents liés à la performance de leurs fonctions exécutives.

Plus de risques d’être malheureux… ou heureux

En effet, les introvertis n’ont pas peur de rater quelque chose. En anglais ‘FOMO’, ‘fear of missing out’, que les extravertis connaissent bien, poussant l’extraversion à agir sur tous les fronts. Les introvertis au contraire, vivent des autosatisfactions simples et constantes, sans s’éprouver de pulsions dopaminergiques, pour se sentir complets. En revanche, selon une étude récente, l’extraversion serait un facteur de bonheur. Les extravertis seraient donc (presque) plus heureux que les introvertis, ou s’en convainquent mieux.

La Sagesse du Contentement

Le bonheur est peut-être une forme de liberté, dont les introvertis connaissent bien les détachements. Simplement le rassasiement de l’introspectif, ce sentiment de complétude unique est incomparable. Un introverti ne ressent pas de désirs provoqués par des manques. Un introverti équilibré se sent plein, et s’accomplit intérieurement, sans quêtes sensationnelles auxquelles se plier. L’introverti stable et mature, s’épanouit libre de l’esclavage des sens.

TheIntrovertSinger

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