16 Signes Que l’On Est Introverti et Traumatisé

Est-ce que le traumatisme affecte différemment les introvertis et extravertis ?

Oui. Les introvertis réagissent différemment en tout, y compris confrontés au pire. De nombreux introvertis souffrent en silence, vivant leur douleur introspectivement. L’égalité n’existe pas, y compris dans l’adversité. Cependant cette fois, c’est en faveur de l’introversion que la balance penche. Développement.

« Je suis introvertie, neurodivergeante et survivante : enfant-adulte de parentalité alcoolique, d’abus narcissique, d’atteintes, et témoin de violences conjugales. J’ai accompli ma vie masquée, à contenir une apparente normalité, écrire cet article me plonge dans l’anxiété, la culpabilité et la honte.

Je tremble et sursaute au minimum une fois par jour, unique symptôme somatique ayant résisté. J’ai pu dépasser d’autres manifestations, cependant, je reste une introvertie lourdement sanctionnée par mes circonstances de vie.

Évidemment, mon sommeil est compliqué, je vis dans l’anxiété et l’hypervigilance (pas sociale), et ai développé des Tocs. L’attachement affectif demeure problématique, et puis faire confiance m’est pratiquement impossible… pour ainsi dire. »

En premier : l’introversion n’est pas la conséquence d’un traumatisme

Une étude anglaise éditée par Oxford Academic, a mis en évidence des différences notables entre les tempéraments introverti et extraverti :

Les membres introvertis et féminins d’un département de police, travaillant au contact d’affaires portant sur les violences perpétrées sur les enfants, montraient un score plus élevé – que les extravertis – à la mesure d’un stress résiduel secondaire à l’exposition de faits traumatisants. Sans en être les victimes directes.

Traumatisme : un terme continuellement galvaudé

L’on entend quelquefois des individus qualifier une mésaventure domestique décrite comme traumatisante, en employant abusivement un terme.

S’attribuant excessivement un état décrit dans la littérature comme réaction à une situation potentiellement létale envers les victimes : une guerre, ou bien l’exposition à des abus, etc.

Autrement formulé, l’on fait face à la mort. Quelquefois quotidiennement.

Une rupture peut tout à fait traumatiser, si cette dernière évoque la séparation d’un individu toxique et encore une fois, dangereux pour la victime.

Les introvertis développent des compensations dissemblables des extravertis

Un article publié par le Journal Of Trauma & Dissociation, fait la distinction entre introverti et extraverti développant des troubles consécutifs au trauma, deux catégories se distinguent : les adaptatifs introvertis et extravertis, et ce dont fait l’objet cette publication, les non-adaptatifs.

L’on constate à la lecture de cette étude, que les introvertis non-adaptatifs développent des stratégies menant au retrait et à l’évitement.

Les extravertis en revanche, développent des troubles décrit au DSM-5 (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, Fifth Edition) que l’on connaît bien : Les personnalités antisociales, borderlines et narcissiques.

Des troubles invisibles gâchant des vies entières.

Les traumatisés sont pénalisés socialement, professionnellement et affectivement.

Un survivant le paie tout le reste de sa vie. Les traumatisés, notamment introvertis, ne guérissent pas. Ils endossent ce que d’autres lui ont fait subir jusqu’à son dernier souffle, quelquefois prématuré.

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16 signes révélant que l’on est un survivant introverti

1 Hypervigilance

Un stress post-traumatique se présente invariablement par la disparation des aptitudes de relâchement de la vigilance, une perte totale de la capacité à vivre sans scruter la moindre variation dans l’environnement.

Dont un introverti traumatisé fait l’analyse permanente en sursautant à la moindre brusquerie, soudaineté d’un son ou à la vue d’une scène dérangeante réelle ou fictionnelle.

2 Perte de sens

Un introverti demeure doublement pénalisé par cet aspect, lié à la dissipation de cette confiance nécessaire à une vision d’avenir.

Un discret peut ne plus rêver, excepté à catastropher la réitération d’un événement traumatique à venir. Au-delà du pessimisme, un introverti survivant s’attend au pire. Ou bien à rien.

3 Honte, culpabilité et colère

Des toxiques à haute dose ingérés par une chimie introvertie déjà complexe initialement. Une amertume que l’on peut retourner contre soi, en se mutilant ou bien en se sabotant commodément.

Les hontes culpabilisantes sont contextuelles et structurelles, puisque l’introverti est sanctionné dans tous les aspects de son existence, traînant des boulets enchaînés aux chevilles.

4 Réminiscences et flashbacks

Soit sous la forme de cauchemars, épisodiquement allusifs ou de remontées, comme une acidité, des angoisses envahissantes à tout moment.

L’on peut tout à fait se trouver affairé, tandis qu’un fragment de scène se joue, pour certains avec précision, et pour d’autres par bribes très brèves, si la mémoire a disparu (mon cas).

5 Écœurements, malaises et tremblements

Les troubles dits somatiques sont divers : digestifs fréquemment, immunitaires, mais aussi des nausées soudaines, les malaises vagaux sont aussi fréquents chez les survivants.

Un introverti peut aussi développer des tics ennuyeux, et revivre l’état traumatique en tremblant régulièrement, sans explication.

6 Ruminations et pensées intrusives

Les images importunes, comme des photographies jaillissant de nulle part sont extrêmement perturbantes.

Quant aux ruminations nombreuses, portant sur le ou les auteurs du ou des traumatismes, peuvent représenter des fantasmes de scénarios de vengeance, ou bien les obsessions des conséquences subies dans la détestation, la rancune et le ressentiment.

7 Sentiments d’impuissance, de désespoir et d’injustice

À chaque inventaire des pertes subies : les bilans de vies, conséquences psychiques, physiques et pour les plus lourdement sanctionnés et traumatisés, une existence entière à acquitter la facture d’autres.

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Un introverti se sait piégé et emprisonnés des circonstances contre lesquelles il n’a eu aucun pouvoir. Silencieusement, des fois rongé dedans.

8 Anxiété, troubles de l’humeur

L’anxiété reste le mécanisme le plus envahissant, couramment incessant : une conséquence directe de résidu traumatique, dont se défaire semble impossible.

Les grandes injustices du ou des traumatismes sont les épisodes dépressifs et dissociatifs, les automutilations et sabotages.

Les négligences à prendre soin de soi, la perte du potentiel émotionnel et socio-professionnel, les tentatives ou pensées suicidaires. Une facture impayable.

9 Troubles de la concentration et de la mémoire

La perte des capacités cognitives partielles et quelquefois totales : mémoire, troubles de la concentration, et des performances irrégulières.

Les introvertis sont nettement sanctionnés en la matière, dépendants de leurs aptitudes mentales plus que les autres tempéraments, puisqu’ils emploient moins l’extraversion pour prendre leur décision, ils sont donc amplement punis dans leur capacité à avancer, décider et trancher.

10 Retrait et évitement

Les introvertis sont naturellement peu motivés par le groupe, et dans une situation post-traumatique, ce trait s’accentue inévitablement, logiquement.

Trouver un moyen de sécuriser son quotidien est nettement plus commode par le choix d’éviter de se trouver à nouveau dans une situation de danger, quel qu’il soit :

Social, professionnel encore une fois et affectif, une triade que l’introverti traumatisé fait en sorte de contrôler par confort de survie. Une quasi nécessitée.

11 Sentiment d’insécurité permanent

Apeuré, un introverti survivant n’a pas d’autre choix que de travailler sur lui s’il est suffisamment éveillé à ses circonstances passées, et si la mémoire a totalement disparu, les résidus sont d’autant plus violents, sans cognition de ce qui s’est joué.

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C’est rarement autrement que par des attaques de panique que se manifeste cette peur permanente : uriner sur soi (mon cas), vérifier les portes et fenêtres (mon cas aussi), craindre certains sons de voix, les parkings, certains visages et couleurs de cheveux, certaines femmes, certains hommes et adolescents (encore moi).

12 Troubles du sommeil et emploi de psychotropes

Le sommeil est certainement l’aspect le plus insupportable des traumatisés, et chez l’introverti subissant une double peine, notamment en raison d’une chimie spécifique, l’on va compenser par la consommation de facilitateurs :

Ils sont prescriptibles, achetables au rayon alcool à la supérette, et puis tout ce qui relève de l’illégal, que l’on ne citera pas ici. Et en sus, une autre facture débitrice en dépendance, en santé mentale et physique.

13 Refoulement des mémoires traumatiques

L’on ne se rappelle pas forcément. Je ne me remémore presque rien. Conceptuellement, l’on sait. Toutefois, le cerveau fait son travail de survie en triant les représentations que l’on est capable d’endurer.

Un introverti passe son temps avec soi, en sa propre compagnie, et effacer ces images morbides permet de continuer à avancer. Temporairement.

14 Troubles de l’attachement

Les relations, en dehors de celles qui manifestent toutes garanties en sécurité et prédictibilité, sont parfaitement impossibles. Rares sont les individus présentant des caractéristiques permettant à un introverti traumatisé de consentir à un attachement de se produire, c’est aussi évident.

Il ne s’agit pas d’un trouble borderline : il s’agit d’une incapacité à ne pas surprotéger le peu de psychisme praticable à la survie.

15 Hyperactivité

Se noyer dans le travail, ou bien les activités permettent de conserver un équilibre psychique, mais reste surtout une manœuvre concédant de ne pas ruminer incessamment, de trouver des échappatoires hors du ou des drames vécus.

Chez l’introverti, cela peut se traduire par des multipotentialités, avantageant de construire une estime plus solide, de prendre le pas sur la fatalité. Et de s’épuiser pour pouvoir dormir un peu… aussi.

16 Blocages émotionnels

C’est encore la manière la plus commode de ne pas endurer un quotidien alourdi par un passé inconcevable humainement.

Annihiler ses émotions favorise de maintenir un semblant de consonance journalière, d’assumer ses obligations, de tenir le coup.

Pourtant, le discret survivant est en effet introspectif par essence : conscient de ce mécanisme, laissant peu de vulnérabilité l’atteindre, l’introverti est protégé par un psychisme miraculé. De l’inqualifiable.

TheIntrovertSinger

Introverts versus Extrovert after Complex Trauma and PTSD : rolandbal.com

N. Tehrani, Extraversion, neuroticism and secondary trauma in Internet child abuse investigators, Occupational Medicine, Volume 66, Issue 5, July 2016, Pages 403–407, https://doi.org/10.1093/occmed/kqw004

Ethy Dorrepaal MD, Kathleen Thomaes MD, Johannes H. Smit PhD, Adriaan Hoogendoorn PhD, Dick J. Veltman MD PhD, Anton J. L. M. van Balkom MD PhD & Nel Draijer PhD (2012) Clinical Phenomenology of Childhood Abuse–Related Complex PTSD in a Population of Female Patients: Patterns of Personalhity Disturbance, Journal of Trauma & Dissociation, 13:3, 271-290, DOI: 10.1080/15299732.2011.641496

Miller, Mark W. “Personality and the Etiology and Expression of PTSD: A Three-Factor Model Perspective.” Clinical psychology : science and practice. 10.4 (2003): 373–393. Web.

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