Les 10 Causes de l’Épuisement Verbal des Introvertis

Comment expliquer les fatigues verbales trop courantes des discrets ?

Quel introverti ne s’est-il pas trouvé à bégayer un début de phrase laborieux (mon cas, buter sur le pronom personnel ‘je’ m’est usuel) ou bien tout simplement perdre le sens d’une phrase – quand cela n’est pas tout simplement un mutisme temporaire (régulièrement chez moi aussi) – lors d’épisodes de la vie courante. Par période ou opportunément, les introvertis sont quelquefois bloqués verbalement. Explication.

Une bouche fermée en dit long

Notamment sur l’état émotionnel ou physiologique de son propriétaire : primate (sociable), l’humain doit ajuster en permanence ses réactions sur celles des interlocuteurs nombreux que l’on est supposé rencontrer quotidiennement. Une étude du Department of Speech, Language, and Hearing Sciences de Purdue University, indique que l’on juge congruent un discours, non pas au sujet de la clarté des propos émis, mais plutôt en faveur de leur synchronisation temporelle. Cela signifie qu’un silence trop long induit une incongruité entre locuteurs. On peut dire une sottise, tant qu’elle est dite sans interruption, sera jugée moins durement qu’un long blanc suivi d’une sentence pertinente. Pas étonnant donc que les introvertis – et pas les timides – soient globalement mal perçus, compte tenu de leur traditionnelle hésitation, lorsqu’ils ne sont tout simplement pas silencieux, voire absents. Le mutisme sélectif accidentel ou non, est rarement accueilli avec bienveillance, quant à la fatigue verbale, c’est-à-dire une perte d’énergie conversationnelle, on sait qu’une société valorisant les bavardages (small-talking) bien dessus l’authenticité, accorde peu de bénéfice du doute aux divergents (et neurodivergents).

La satiété ou saturation verbale ou sémantique

Plus un propos semble chargé émotionnellement, plus son émission implique son émetteur : or l’introverti prononce rarement des mots creux et l’épuisement verbal peut ainsi indiquer une perte de sens. Manifestation qu’observée en 1907 pour la première fois par deux chercheuses, Elisabeth Severance et Margaret Floy, qu’un autre chercheur, Julian Jakobovits, ayant validé sa thèse sur ce thème à l’Université Mc Gill, a également étayé par ses travaux plus récemment. La satiété ou saturation verbale se manifeste alors que l’on répète des données. On apprend ainsi que la conceptualisation d’idées aurait des effets analogues, comme une perte d’orientation temporaire. Les introvertis qui sont des concepteurs de tous les instants, sujets à l’épuisement psychique, sont peut-être tout simplement en train d’expérimenter des saturations verbales réitérées. On s’est aperçu qu’il est possible d’assister les personnes qui bégaient, en leur proposent de répéter une phrase jusqu’à ce qu’elle soit dénuée de sens et de charge affective, fluidifiant la diction significativement. Une piste à envisager si l’on est sujet à des bégaiements opportunistes (en se dépassionnant du verbe).

Les ‘zoom-calls’ (et autres appels vidéo) à répétition, coupables ?

Une véritable tradition désormais, les conférences à plusieurs, desquelles une sphère pluridisciplinaire devrait émerger suite aux épidémies de « burn-out zoom-call ». Le laboratoire de l’Université de Stanford – Virtual Humain Interaction Lab – a publié de nombreuses études qui mettent en cause ces appels répétés dont les aspects sous-jacents sont évidents et pourtant mal identifiés. Le contact visuel abordé notamment par ces chercheurs confirme qu’observer plusieurs interlocuteurs en déchiffrant les indices non-verbaux est singulièrement contre-nature. Sachant que les introvertis sont déjà naturellement sanctionnés par l’interprétation du langage corporel et des mimiques faciales. Après une longue période durant laquelle ces visioconférences sont peu à peu devenues la norme, on se rend compte qu’un nombre important d’individus – et pas uniquement introvertis – disent souffrir d’un épuisement social, enfin virtuel puisqu’il semble, selon ces études, que ces réunions virtuelles plus ou moins formelles exigent plus d’engagement en cognitions qu’un face-à-face.

Speaker télévisé toute la journée ? Démoniaque !

C’est la conclusion des chercheurs ayant observé que durant ces réunions virtuelles, on se trouve comme un animateur de télévision qui s’autoévalue – et l’on sait qu’un humain se trouve rarement à son avantage et tend à se juger férocement – peu compassionnel – passant au crible son apparence, sa diction et toutes les petites aspérités bien humaines, quand on les accueille sans y prêter attention hors champ d’une caméra. On ausculte les autres participants et beaucoup soi, ainsi si l’on est contraint de s’adonner à cet exercice régulièrement, les épuisements verbaux finissent par aboutir à une grande lassitude généralisée, alors les plus sensibles – néanmoins pas forcément – terminent ces marathons sociaux virtuels incapables de tenir la moindre conversation. Les introvertis ont été précurseurs en évoquant ce problème durant le premier confinement de 2020, dont les fêtes en famille et les rendez-vous de travail (amoureux ?) se sont enchaînés, laissant des introvertis·e·s sans voix et d’autres simplement irrités.

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10 raisons épuisant verbalement les introvertis

1 L’épuisement émotionnel

Une cause que l’on attribue aux surmenages divers, notamment professionnel, cependant peu dans le cadre d’une atrophie orale. Un amoindrissement des compétences verbales chez l’introverti est largement explicable dans le cadre d’une instabilité affective ou bien d’un débordement nerveux. Une épreuve peut causer aux introvertis un silence – sans mutisme – simplement une carence en mots, l’influx nerveux tourmenté par un thème hautement préoccupant, laissant l’introverti hésitant, cherchant ses mots. Un esprit qui fait défaut est difficilement gérable par un discret qui s’appuie continuellement sur ses capacités mentales.

2 Une carence en oligo-éléments ou vitaminique

Tous les apports en vitamines et minéraux sont à prendre au sérieux, toutefois – on élimine quelquefois en faisant pipi ses sous, puisque les surplus sont évacués par la fonction rénale – en consommer exagérément est parfaitement inutile – et quelquefois dangereux – car nos capacités d’absorption sont limitées en réalité. Donc, si on sent que l’on perd sa faconde et que la diction se raréfie, on peut s’interroger sur un manque en fer, courant chez les femmes – et en zinc (10-12 mg/jour) que l’on connaît désormais pour ses capacités immunoprotectrices et en synthèse de l’ADN. La vitamine D – en prenant des bains de soleils aux avant-bras et visages 15 minutes par jour, car les restrictions ont changé nos modes de vie durablement et si on ne pense pas au magnésium, on le sent par cette irritabilité à fleur de peau.

3 Une carence en acides aminés

Puisque l’on aborde le thème hautement polémique des humeurs introverties, on est en droit de s’interroger sur les mécanismes permettant de privilégier une condition émotionnelle satisfaisante : le tryptophane est un des 9 acides aminés essentiels et celui auquel on devrait songer en cas de baisse de motivation verbale. Le tryptophane est précurseur de la sérotonine, combattant de tous les stress et ainsi de la mélatonine, horloge interne bien plus complexe que l’on prétendrait admettre, agissant entre-autres sur le sommeil et la satiété. On peut manger des bananes si on aime ça, du riz complet, il y en dans les légumineuses pour les amateurs, sinon on se supplémente. Une arme fatale contre les stress introvertis et les périodes de rébellion silencieuse introspective.

4 Un sommeil irrégulier

Expliquant ainsi certaines carences, voire ci-dessus, les manques verbaux sont à attribuer à des fatigues purement mécaniques : une nuit difficile fait perdre aux introvertis l’accès à leurs fonctions exécutives et cognitives, dont on sait dorénavant qu’elles sont touchées en seconde tâche. On sait ainsi que les échanges verbaux sont énergivores envers les discrets qui paient une facture énergétique en pensées, complexifiant tout ce que semble anodin au tout-extraverti. On peut trouver des moyens soutenant des horaires réguliers ornementés de rituels accordant au cerveau d’envoyer des signaux d’endormissement : lire au calme dans une chambre pas trop chauffée, un repas contenant par des apports joyeux comme l’avocat ou encore la banane. Vive le magnésium le soir, un petit carré de chocolat noir ou une bonne datte ; accompagnés d’une tasse de boisson réchauffée réconfortante et… au dodo.

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5 Une alimentation déséquilibrée

Manger de la malbouffe : c’est acceptable si l’on est très juvénile et peu sensible, sinon… gare aux effets sur l’organisme d’un introverti sensitif : on dit toujours qu’il faut manger ceci ou cela, en réalité, on devrait apprendre à écouter ses besoins et à y répondre et cela devient laborieux puisque l’on entend toutes sortes de discours au sujet du bien-penser et bien-manger. Les perfections sont toxiques, en dehors de cela, rien ne l’est vraiment, si ce n’est les doses auxquelles on s’expose. Perdre ses facultés verbales demeure toutefois hautement cognitif et ces dernières peuvent être soutenues par un système digestif libéré de trop de contraintes abusives : trop de lipides saturés ou d’aliments carnés ou excessivement sucrés sont désormais identifiés comme médiocres nutritionnellement, sans oublier néanmoins que se faire plaisir reste une responsabilité individuelle. Perdre ses mots indique aussi que l’on est juste pas heureux et qu’un bon petit plat fait bien l’affaire… en attendant mieux. Cesser de se frustrer aussi consent du lest moelleux.

6 Une fatigue émotionnelle mal identifiée

À l’instar de tout épuisement, on peut se trouver vidé émotionnellement par une conjoncture drainante. Un introverti a pour mauvaise habitude de ne pas exprimer ses affects, les laissant en conséquence pourrir sans rien adresser : on traîne des émotions non traitées et stagnantes. En perdre les mots est avant-tout le signe d’un débordement émotionnel que l’on contient en le taisant, comme baisser l’intensité du feu sous la casserole de lait qui monte brutalement. Chez les extravertis, on explose en revanche, les introvertis étouffent. Trouver un moyen d’expression libère les anguilles qui ont du mal à passer, pour retrouver le son de sa voix et sa répartie, immatriculés aux abonnés absents.

7 Une gueule de bois sociale

Un trop-plein de ‘zoom-calls’ pénibles, trop de visages contemplés, une surdose d’expressions faciales mal digérées. Un introverti qui a vu des figures en excès et détaillé trop d’individus, ne se rend pas compte à quel point il a investi ses facultés mentales et gâché le peu d’espace qui reste à son esprit qui rumine inlassablement à l’instar d’un processeur accaparé, toutes ces informations qu’il traite, néanmoins inconsciemment. Une routine introvertie qu’une diète sans relation virtuelle permettrait d’offrir un ‘Reset’ salvateur au cerveau qui a désactivé les aires cérébrales dédiées aux interactions, comme verrouillées. Et si on reprenait un bon vieux téléphone sans écran ou un ordinateur dont la caméra s’est cassée ? Un pieux mensonge amnistiable.

8 Un surmenage chronique

Les réseaux sociaux plein de sollicitions pas forcément désirées ou requises, contraignent à entrer dans l’intimité des autres sur Facebook, ce réseau intrusif, ou bien Instagram, davantage exhibitionniste (une nécropole de méninges). On peut faire une cure de réseaux moins pervers en cheminant sur des moteurs de recherches, en lisant des contenus pas démesurément graphiques, cesser de ‘chatter’ avec les gens – car les échanges sur chat (pas le mammifère captivant) sont tout aussi éreintants et leurs usages sibyllins. Déjà, on peut envisager de pratiquer une cure de monde réel, en limitant l’accès aux interactions virtuelles comme les SMS, Messenger, etc. La parole serait-elle moins rédhibitoire ? Car au-delà des échanges verbaux, on peut en déduire que ce sont toutes ces communications intrusives qui finissent par rogner le capital énergétique des introvertis, sans trop s’avancer.

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9 Un changement stressant

Évident, en ces périodes de ballotages économiques ou professionnels, car on peut légitimement se demander aujourd’hui à quelle sauce demain nous agrémentera. Des stress liés à l’affairement affectif, les sentiments étant hautement anxiogènes, on ne peut exclure que tout changement, même désiré, invite au doute. Quelle que soit la situation que l’on doit dépasser, les compétences verbales sont facilement atteintes chez les introvertis, qui tendent à conceptualiser toute expérience en laissant peu de spontanéité émotionnelle les atteindre sans appréhender. Un introverti stressé devrait manger des bonnes choses riches en magnésium, la liste est longue est savoureuse et prendre le temps de s’observer avec attendrissement. Une faculté dont l’humanité retranche la nécessité puisqu’il s’agit de soi.

10 Des choix de vies inadaptés au tempérament introverti

Une cause incontournable néanmoins habituelle des pertes de sens qui font en supprimer le verbe. On est bouche bée, estomaqué, mal embarqué sur un sentier des plus inadéquats : être choisi pour des raisons qui appartiennent à d’autres, ceux qui tiennent le mutique en caution. Un consentement mal éclairé, une vie approximative au contact d’individus que l’on ne souhaite pas ailleurs qu’au plus loin de soi. Une ville, un métier, une orientation ou un compte bancaire limitant les options en rançon. Des obstacles cherchant des solutions laissant pour l’instant l’introverti muet et muté, comme l’on procède en tenant sa télécommande. Un chemin en cul-de-sac en a fait taire plus d’un.e.

L’introverti.e sans voix ne s’abandonne pourtant pas, il suffit d’observer la lueur d’un regard divulguant une détermination que l’on ne tardera pas à écouter ou à comprendre. Un.e introverti.e qui se tait n’est pas terrassé.e, loin de là.

TheIntrovertSinger

 Roberts F, Francis AL. Identifying a temporal threshold of tolerance for silent gaps after requests. J Acoust Soc Am. 2013;133(6):EL471-EL477.

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[7] R. Bravo u. a., „Tryptophan-enriched cereal intake improves nocturnal sleep, melatonin, serotonin, and total antioxidant capacity levels and mood in elderly humans“, Age (Dordr), Bd. 35, Nr. 4, S. 1277–1285, Aug. 2013.Glenda Lindseth, Brian Helland, Julie Caspers, The Effects of Dietary Tryptophan on Affective Disorders, Archives of Psychiatric Nursing, Volume 29, Issue 2, 2015, Pages 102-107, ISSN 0883-9417, https://doi.org/10.1016/j.apnu.2014.11.008.

Crédits photo

Photo de Sinitta Leunen

Photo de Masha Raymers

Photo de Ryanniel Masucol

Photo de Anna Tarazevich

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