« Ni Malade ni Dépressive, Simplement Hypersensible »

Que signifie cette épidémie d’invalidation sur internet ?

On a eu des infectiologues autoproclamés, dont nous avons enduré les caprices durant cette crise sanitaire sans préalable. Nous avons tous été emportés par ce “choc- avalanche” sous lequel trouver sa respiration devient complexe. Maintenant on se met à poser des diagnostics en santé mentale, ou on pathologise la sensibilité pour en faire un symptôme d’hystérie, merci la psychanalyse. En se basant sur une phrase décontextualisée prétendument prononcée par un de nos porte-paroles officieux. Qui des sensibles, hyper ou non, ne s’est-il pas trouvé forcé à entendre des analyses plus moisies les unes que les autres ? Avant de répondre au soignant amateur par un conseil nettement plus judicieux. Le souci des hypersensibles ? La stigmatisation projective.

Les psychophobes face à l’hypersensibilité

Les toxicomanes accros aux drames, sont servis en ce moment, ils se régalent, employant la honte pour invalider les hypersensibles avec leurs boucliers scientifiques, en omettant le facteur humain et son cerveau faisant l’objet de découvertes, dont nous ne sommes qu’à l’orée. On entend des discours utilisant les neurosciences pour justifier une autre forme de pensée magique, tout aussi toxique que l’originale. Pour dévaloriser les personnes sensibles, dont on réfute l’existence sous des prétextes scientistes. Nous savons que sommes aux balbutiements des applications de la génétique, combinée aux neurosciences, permettant de découvrir la palette de fonctionnements atypiques chez l’humain (observables et reproductibles). Pathologiser les hypersensibles en label victimaire, de dépressifs narcissiques, blesse inutilement. En attendant que des études plus larges soient menées, pour continuer un travail de pédagogie nécessaire. Se connaître soi-même n’est pas qu’un élan philosophique majeur, mais une nécessité de pratiquer l’auto validation nécessaire à l’acquisition de compétences. Achever des objectifs de vie, se sentir à sa place dans un monde où l’hypersensibilité est accueillie fraîchement en invité inconnu-surprise, dont l’accueil mitigé finit par semer confusion et doute chez ses porteurs bienveillants.

Les hypersensibles existent-ils vraiment ?

Les hypersensibles dont on n’entend peu parler, autrement que dans des mises en scène de vidéos pénibles, sur des empathes aux pouvoirs surnaturels visiblement à la mode. On les confond ou assimile à tort aux narcissiques hypersensibles, hyper-réactifs à la critique. Chez l’hypersensible tout court, il s’agit plutôt d’une compétence possiblement développée dans un environnement psychoaffectif exigeant de jouer un rôle en particulier. Encore un point pour Darwin. C’est donc tous les sens en éveil que l’hypersensible doit apporter sa contribution à la société. Handicap de haut niveau, souvent cumulé avec d’autres spécificités, appartenant à la catégorie “neurodivergeante”. Les enfants hypersensibles sont remarquables, sans cliché puisqu’il peut s’agir d’enfants particulièrement hyperactifs, ou au contraire distraits et absents. 30 % des enfants diagnostiqués hauts potentiels sont en échec, signifiant effectivement que 70 % d’entre eux s’en sortent facilement, quand leurs cousins germains font l’objet de rejets.

Fragiles, mais résistants

Les hypersensibles dont l’article sur le site de Psychology Today peut aider certains sensibles à se positionner en proposant trois types d’hypersensibilité. On est plus ou moins à vif sur une sensibilité particulière : certains le sont plus introspectivement, d’autres plus sensibles en termes d’hyperesthésie, combiné avec une difficulté particulière à composer avec le quotidien, hyper stimulant. Les hypersensibles savent qu’ils doivent être attentifs par craints de déséquilibres, influant sur la qualité de vie. Quand on est hypersensible, on n’est ni histrionique ni dépressif. Ni en recherche d’attention on peut se trouver à le cacher. Si l’hypersensibilité existe, c’est que sa fonction est utile au groupe.

Une grande affection pour les animaux, par exemple, fait exclure la souffrance de l’assiette sans pour autant l’afficher. Au contraire, c’est un peu honteux que l’hypersensible fait en sorte de ne pas projeter de culpabilité sur ceux dont les priorités sont ailleurs. Les hypersensibles tendant à s’effacer par confort de l’autre. Ces discrets cherchent avant tout à conserver leur équilibre émotionnel et physiologique sans pathos, source de rumination soigneusement évitée.

« La Covid est synonyme de retour vers des soucis d’un passé lointain comme cette infection ophtalmologique carabinée, rhume des foins (!), sommeil de mauvaises qualités, un trouble attentionnel vraiment envahissant. L’anxiété est paradoxalement la plus simple à gérer, ou bien tout ça n’est que sa juste somatisation ».

Déclencheurs de psychorigides

Quand la rigidité se penche sur l’hypersensibilité, on aboutit à une impossibilité de dialogue, des études récentes prouvent qu’il y a des différences entre les enfants et adultes hypersensibles, dans certaines régions cérébrales, et que ces spécificités doivent être adressées, pour accéder à un minimum de confort psychologique, et ainsi à des choix de vie judicieux. L’hypersensibilité est associée à l’intelligence mesurable sur test, dont les profils aux scores élevés, mais peu homogènes prédispose à l’hypersensibilité aiguë. C’est grâce à des médecins empathiques pour ces enfants parfois en échec, souvent eux-mêmes concernés, penchés sur leurs souffrances comprenant leurs sensibilités à la douleur. Labellisés fragiles ou très atypiques, avant tout des individus ayant les mêmes droits que les autres, juste un peu moins perméables à leur environnement.

La prévenance des hypersensibles

Quand on est un vrai gentil, on ne cherche pas à le montrer, ça se voit. Le lien entre hypersensibilité et gentillesse fards peut être fait, c’est donc avec une longue histoire d’exploitation cruelle, cette faille que l’hypersensible garde d’archives de mésaventures dont on expie les leçons des moins sensibles qu’eux, en guise d’enseignants. C’est en acceptant sa différence que l’hypersensible comprend que notre réalité n’est pas duelle, mais nuancée de nuances de gris. Enseignement permettant de ne plus mutiler ses sens, pour s’en servir sans attendre quoi que ce soit en retour. C’est l’avantage de tirer d’une épreuve un apprentissage, et de se comporter en éternel étudiant pas trop candide. Cependant, un peu quand même, discrètement.

L’idéalisme non militant des hypersensibles

Toutefois, plutôt une sorte d’intrépidité de tous les jours, dans la simplicité du lien inconditionnel. Avoir le bon mot pour la bonne personne, se servir de son hypersensibilité pour redonner sa couleur, là où on sait deviner une tâche. Aider d’un sourire pour ce que c’est vraiment, un droit inaliénable. C’est un peu ça, un vrai hypersensible, reconnaître l’autre, lui donner sa place revenant à chacun, poser un regard authentique sur celui qu’on rencontre. Donner largement avec la certitude d’enrichir. Il n’y a pas d’ostentation dans l’hypersensibilité assumée. Les hypersensibles sont vulnérables et décalés, la compétition les désintéresse, ce sont des chasseurs d’équité ou des régulateurs d’humeurs rétablissant une forme d’équilibre quand les circonstances le leur permettent.

Les hypersensibles et Covid-19

Les hypersensibles seraient aujourd’hui en souffrance, ces profils naturellement anxieux peuvent souffrir d’hypervigilance. La rumination des hypersensibles, dont le fonctionnement atypique remarque des détails, dont il est difficile de décrocher. Cherchant du sens là où parfois il n’y a rien d’autre que de banales superpositions de gris. Tourner la page d’un incident peut prendre du temps. Aller faire ses courses, agressé par cette atmosphère pesante pandémique, Covid-19, dont Sars CoV-2 terrorise les masses, comme l’hypersensibilité peut se rendre malade physiquement : « depuis trois jours, mon œil fait une inflammation que je connais bien, me rappelant à l’ordre ». Tous les vrais hypersensibles souffrent de cette ambiance anxiogène dans leur coin. Contaminés par les angoisses des autres, certains hypersensibles se sentent oppressés au contact d’une souffrance ou de son idée. Un hypersensible se pathologisant souffre, traité pour une dépression ou d’autres diagnostics fantaisistes, et c’est dommage.

Des hypersensibles bien dans leurs peaux.

Aimants à animaux, et à humains aussi : « il m’arrive souvent de recueillir des confidences d’inconnus familiers l’espace d’une conversation, ou d’avoir droit à la visite du chat méfiant du quartier, dont je reçois quelques hommages, mon plus beau cadeau ». En acceptant sa grande sensibilité, en apprenant à se protéger des prédateurs avides de l’essence dont ils ont été vidés, dont tous les hypersensibles savent qu’ils en sont les proies de premier choix. Un don empoisonné reste un don, dont on peut apprendre en progressant dans l’étude des comportements, envisager d’apporter son expérience aussi insignifiante qu’elle soit, à destination des hypersensibles cherchant leurs chemins. C’est avec des gouttes de pluie qu’on remplit des océans, sans victimisation typique des narcissiques autocentrés, sans orgueil ostensible, sans modestie pathologique. La nature n’étant parfaite que pour ses adeptes hyper-superstitieux, on peut juste aimer ce qu’on est sans jugement, sur soi et les autres. Un monde meilleur finira bien par émerger, décidé à plus brandir les porteurs du virus responsable de ces épidémies de narcissisme cérébral ou somatique étouffant. Sur une planète où l’imparfait retrouve sa perfection.

TheIntrovertSinger

Les enfants précoces ont-ils un cerveau différent ? Dr Olivier Revol – La Science Pour Tous

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