Introvertis : 5 Avantages À Savoir Dire Non

Pourquoi apprendre à maîtriser l’art de refuser peut-il réellement faire la différence dans sa vie ?

Les introvertis ne sont pas égaux en matière de refus. Certains introvertis sont des spécialistes quand d’autres passent par des états de paniques intérieures, ne serait-ce qu’à l’idée de ne pas agréer aux désidératas des uns et des autres. Quels avantages à se métamorphoser en maître affirmant sa contradiction en conscience et sans appréhension ?

Quel introverti n’a jamais mordu ses doigts, regrettant de toute son âme d’avoir accepté l’inacceptable à ce moment-là ? Qu’on soit un introverti acrimonieux qu’on ne sollicite qu’avec parcimonie, inspirant une vague crainte ou que l’on soit un introverti doux hypersensible, on peut se faire avoir à tout moment par une demande formulée à un moment inattendu, et donc opportun, faisant sauter des verrous qu’on pensait pourtant assez fiables.

Certaines personnes savent quand et comment obtenir ce qu’elles veulent, et d’autres sont simplement sans gêne, c’est une perspective modérément paranoïaque. Il y a aussi les proches avec lesquels on a du mal clarifier la nature du lien, dont ils savent profiter fort élégamment. Savoir refuser une sortie ou un service, ou ne pas répondre tout simplement à une demande, devrait être enseigné aux enfants. Cela fait partie d’une bonne relation à soi, un respect qu’on se porte. Dire non c’est avant tout se dire oui à soi.

Aurait-on une crainte de ne plus être invoqué ou de tomber dans l’oubli ? L’abandon et le rejet sont des moteurs insensibles faisant baisser la garde, et c’est dans certains cas un mauvais choix à ce moment-là. En revanche, quand on n’a pas été formé à l’art du refus avec diplomatie on peut, comme moi, ruer dans les brancards et perdre patience un peu trop facilement et se trouver à ruminer des jours entiers, perdus hélas, sur le culot avec lequel tel ou tel se permet de solliciter telle ou telle serviabilité.

Le besoin d’appartenance et d’être aimé ou apprécié, sont des moteurs fondamentaux, et contribuer est indispensable. Rendre service et être là pour ses proches est une fondation à toute relation d’altérité. Si on est corvéable à merci, rien ne va plus et on passe son temps à regretter ses décisions. On n’apprend pas aux enfants qu’on a toujours le choix, qu’on est libre. Accepter ou non une offre ou une contrainte, est un processus de décision très complexe, que nous exerçons sans formation.

Le conformisme fait accepter des calamités dans son cercle intime, leur affection conditionnelle et leurs sollicitations hérétiques en prime. On doit le respect à ses parents, et cætera. Comme tous les chantages, c’est un panel extrêmement riche, les solliciteurs savent tirer sur la corde sensible pour obtenir des faveurs imméritées. Comment refuse-t-on sans culpabilité ? Avant tout, pour pouvoir appliquer un conseil, il faut avoir conscience des avantages et raisons de se former aux bons choix, et donc au “non diplomatique”.

I Protéger son capital énergétique.

Tous les introvertis savent qu’ils n’ont pas les mêmes possibilités en matière d’énergie. Si on ne sait pas se protéger, on se retrouve débordé à déplorer, avec épisodiquement amertume et ressentiment, d’avoir eu la faiblesse d’accepter. Apprendre à refuser avec diplomatie permet de garder ses capacités cognitives suffisamment alertes, pour assumer ses obligations envers soi. On prévient le burn-out introverti, en se mettant dans une position de chauffeur de son temps, ne laissant personne grignoter et contrôler cette ressource à sa place. Dire non, c’est protéger sa santé mentale et physique.

II Travailler l’affirmation de soi.

Les introvertis timides et les sensibles aussi bénéficient de l’avantage certain du refus diplomatique.

On n’apprend pas aux enfants doux de tempéraments à avoir ou maintenir ses convictions personnelles sans agressivité. Soit on explose comme un autocuiseur, soit on implose et l’introverti connaît trop bien cette option. Travailler la fermeté bienveillante, s’exprimer sur un ton neutre et employer un verbe direct, sur des petites choses du quotidien, on se prépare au “non diplomatique” progressivement. Abandonner d’accepter n’importe quoi avec regrets évitant la culpabilité des remords. C’est une thérapie protectrice et libératrice.

III Apprendre à ne pas se justifier.

Un introspectif pris par surprise, se trouve-t-il dans une posture fragilisante ? Ce cerveau performant introverti n’emploie pas de canal direct pour accéder au bon concept pour la bonne réponse spontanément. Eh bien, ne soyons plus jamais spontanés de sa vie. Apprendre à répondre systématiquement, comme une machine répondeuse automatique, à différer sa réponse. Selon Preston Ni, auteur d’un ouvrage sur le thème de la communication avec les personnes difficiles, il faudrait idéalement opposer une phrase type du genre : “je te rappelle, je ne sais pas si je peux, laisse-moi revenir vers toi, je n’ai pas le temps de te répondre tout de suite“. Avec des phrases types, sans donner aucune explication, on a gagné le temps, et pour l’introverti, le temps de rassembler ses esprits et de peser le pour et le contre, c’est s’être respecté. Les introvertis ne sont pas des êtres spontanés, oublions l’art de l’improvisation pour l’art de l’hésitation sans justification.

IV Maîtriser la diplomatie sans faire l’ENA.

Cessons d’être trop gentils, et commencer à enseigner aux gens comment on souhaite être traité. Les introvertis ont l’avantage de l’indépendance d’esprit et ne pas dépendre des autres est relativement simple à mettre en place. On débute une formation diplomatique en refus non argumenté en employant la première personne pour chaque refus. On ne justifie rien et en plus on reformule la demande au pronominal ou au neutre. ‘Je suis heureuse que tu penses à moi pour ton déménagement, mais je ne peux pas me libérer ce jour-là’. Ou encore ‘C’est important pour moi de ne pas me libérer ce jour-là j’espère que tu comprends’, et laisser aller le reste de la conversation avec calme et fermeté. On reformule sans projeter son refus, en se l’appropriant avec joie, comme une victoire.

V pratiquer le calme intérieur (bon courage)

On peut rêver. Un introverti refusant une faveur est un introverti qui y pensera longuement, mais à force, comme un muscle, on finit par ne plus se laisser noyer par ses émotions. Les émotions sont utiles, mais doivent être contrôlées, comme les pensées, au risque de perdre du discernement. L’esprit tranquille, au calme, décidant soi-même. On ne délaisse pas le volant à tous les vents souvent contraires. Cela fait partie de l’expérience humaine d’accepter ses parts d’ombres et par conséquent celles des autres, apprendre à dire non dans la sérénité, c’est apprendre à aimer, les autres avec soi. On reçoit aussi en donnant, et en se donnant à soi, on s’offre un beau cadeau : la quiétude.

Dire oui à tout peut être une belle expérience. On peut aussi s’amuser à jouer au Yes Woman ou man, soit pour s’en dégouter définitivement, soit pour apprécier le “lâcher prise”, et les aventures en cadeaux bonus.

TheIntrovertSinger

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