Aux Introvertis Seuls Durant les Fêtes de Fin d’Année

Comment traverser cette période délicate lorsque l’on est seul et introverti ?

Une sommation supplémentaire imposant de se réjouir collectivement, laissant pour compte des millions d’individus complètement esseulés. De quoi stigmatiser encore une fois celles et ceux, et ils sont bien plus nombreux que l’on imagine, qui se retrouvent tous les ans ou bien pour la première fois, absolument seuls pour Noël et le jour de l’an. Réveillons (nous) solitaires.

Une fin d’année remarquable : La maladie Covid-19.

Combien d’introvertis sont-ils victimes des confinements éloignés de chez eux ? Même si le confinement est allégé en cette fin d’année en France, beaucoup sont certainement résignés à rester éloignés de leur famille par sécurité, enfin ceux qui ont la chance d’en avoir une. Car cela est en effet plus agréable de passer ses fêtes de fin d’année en Zoom en compagnie de ses proches, que de s’isoler complètement, naturellement. Je n’ai pas de famille, et cela fait plus de 10 ans que je passe mes anniversaires et fêtes de fin d’année totalement seule, je suis née au mois de décembre… Il faut bien admettre que le dernier mois du calendrier a longtemps été synonyme de déprime et de remises en questions douloureuses, et mon cas est loin d’être isolé.

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Planifier ou non.

Nous ne sommes pas obligés de nous sentir concernés par le solstice d’hiver, ou Noël, bien que la beauté des décorations et l’ambiance particulière qui règne à cette période de l’année indiquent que l’on passe d’un cycle à l’autre ; symboliquement du moins. Cette habitude qu’a prise l’humain de mesurer sa situation à une autre prétendûment idéale, fait des dégâts chaque fin d’année. On peut prévoir des fêtes gastronomiques en solo, ou bien passer une soirée de rêve en allant dormir tôt, s’offrir une parenthèse petit-déjeuner au lit, avec un livre extraordinaire, et se reposer finalement. Néanmoins, on a aussi le choix de ne rien prévoir et de passer des soirées et journées ordinaires, en ignorant ostensiblement cette obligation sociale contraignante et isolante, surtout pour les individus introvertis hors norme.

Évoquer ceux qui subissent leur famille.

On a toujours l’impression que cela se passe impeccablement chez l’autre, pourtant il n’en est rien. Bien sûr que de nombreuses familles se réunissent joyeusement et réveillonnent dans un joyeux brouhaha, sans drame ni querelle. Pensons aux enfants qui eux sont bloqués dans des familles toxiques et violentes, on n’évoque pas les drames qui se jouent dans ces contextes, que l’on ignore parce que cela dérange les plus favorisés. Or, les fêtes de fin d’années et leur consommation d’alcool abandonnent de nombreuses victimes de tous ordres. Aux introvertis seuls durant les fêtes : être seul plutôt que mal accompagné est une bénédiction mal comprise par comparaison illusoire.

Déprimé ou non ?

Si on sent que l’on perd pied, il faut CONSULTER, s’exprimer en consultation par vidéo, cela transforme une condition psychique. Cela devrait toujours être le cadeau que l’on décide de s’offrir : s’aider. On n’évoque jamais les pensées suicidaires des fins d’années jugeant sévèrement des échecs pas encore compris. Pourquoi craindre de nommer son désespoir ? L’accueillir et chercher fraternité, car c’est humain de se sentir affligé. Cela indique que l’on est bien vivant, blessé, et que l’on a besoin d’assistance. S’efforcer à prendre soin de soi, en allant à l’église de son quartier, les messes de minuit sont remarquables, puis soudain, on croise d’autres solitaires, qui sollicitent l’aide suprême, quelle qu’elle soit. On n’est jamais seul, d’autres vivent exactement la même situation au même moment.

Penser aux moins bien lotis.

Cliché ? Pas tant que ça, les introvertis savent bien que les apparences sont continuellement trompeuses, et qu’effectivement partout sur notre planète, des milliards de personnes portent leur croix, vivent un parcours jonché d’obstacles ou pire, manquant de tout. Combien d’enfants aujourd’hui n’ont pas accès au strict nécessaire ? Combien de femmes et d’hommes vivent des catastrophes collectives ou individuelles ? Cela met un peu de perspective à cette fin d’année que l’on peut tout à fait partager sentimentalement avec ceux qui disposent de nettement moins. En donnant par exemple.

Donner tout ce que l’on peut.

Les fonds de placards, c’est le moment de les vider ; chaussures, jouets, vêtements, objets ou bien un peu d’argent ou beaucoup pour les introvertis fortunés en numéraire. Penser aux collectes des paroisses, partageant assidûment des repas avec les plus défavorisés. Préparer de jolis sacs, déposer devant un centre d’hébergement local, quelques attentions que sauront apprécier ces pensionnaires d’infortune. Y vivent parfois des enfants aux côtés d’individus en grande détresse, dont les besoins sont immenses, que l’on peut soulager par des cadeaux pour les petits, ou bien des pièces vestimentaires utiles à ceux qui ont souvent tout perdu, injustement. Une couverture chaude pour le monsieur qui dort dehors. Une pièce de monnaie ou un repas chaud en passant au jeune homme qui galère devant le Franprix. Un introverti cherchant une rétribution interne s’offre une fin d’année excitante en dons, rétribuant pour un discret.

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Les Joies Solitaires.

Les introvertis connaissent bien ce soulagement à l’idée de ne voir personne. Eh bien c’est le moment d’en savourer les bienfaits, peut-être un peu plus cette année. Tant d’individus subissent une crise pandémique aux retombées économiques dramatiques, qu’il faut cultiver l’humilité en acceptant cette solitude comme une opportunité de prendre le temps de se poser avec soi, tranquillement. Une bonne paire de grosses chaussettes confortables, un chocolat chaud et quelques douceurs devant un bon film, quoi de plus doux qu’un introverti sachant apprécier son calme légendaire, loin des bavardages pénibles et mondains de ces fêtes imposées : obligés d’avoir l’air heureux, mentir sur ses accomplissements, arborer des tenues vaniteuses et inutiles, se forcer encore et toujours au conformisme festif. C’en est assez pour l’introverti qui retrouve son nid peut-être même un peu plus douillet ce soir-là, relaxé, sans pression, délesté des remerciements hypocrites à la découverte d’un présent offert du bout des doigts par des proches pour lesquels on ne ressent plus que des ressentiments.

Garder un animal ?

Cela est possible via de nombreux sites aujourd’hui. Prendre un animal bénévolement, et passer des fêtes à promener un chien qui se fiche bien que les autres mangent de la bûche en échangeant des banalités, et quelques piques, réglant les comptes de débits imaginaires. Un animal, quel qu’il soit, vit une réalité parallèlement contentée, permettant de ne pas sombrer dans un narratif trop sombre, que les introvertis connaissent bien.

Cuisiner ?

Un bon réveillon avec soi, cela est très introverti, en effet. Préparer quelques repas mémorables de ce que l’on préfère, le déguster en solo, un bon livre, quelques films et rien ne peut détrôner des fêtes aussi cosy que son chez-soi, détendu et privilégié. C’est une faveur que de passer un long moment en cuisine à se concocter une gastronomie rien que pour soi, l’esprit léger, délesté des attentes des autres, que les introvertis ont toujours vécu comme intrusives et stressantes : c’est le moment de se faire du bien, des douceurs pour son palais, une tenue confortable, le vrai bonheur introverti.

S’offrir un admirable cadeau ?

Cela fait partie des privilèges des solitaires : se faire plaisir, authentiquement. On prend le temps de choisir un joli présent que l’on s’offre et pose au pied de son beau sapin intime. Quelques bons ouvrages, un bijou, une nouvelle coiffure ? Peu importe, le tout est de se donner à soi pareillement, de reconnaître ses besoins personnels, d’y répondre comme un introverti mature, adulte, qui n’attend plus le grand sauveur, car elle ou il ne viendra jamais. Le héros, c’est soi. Se faire des charités, de jolies surprises, et puis qui mieux que soit sait ce dont on a réellement envie ?

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Partir seul ?

On déconfine un peu mi-décembre en France, on peut prendre un billet pour aller passer une semaine, seul. Sans Fuir, mais décompresser loin de l’environnement habituel. On sait que cette année, il n’est pas possible de fréquenter les restaurants. Louer un Airbnb au calme, avec de quoi réveillonner, pourquoi pas ? Visiter une ville, des cathédrales, quelques musées vont certainement rouvrir leurs portes, et ça les introvertis en souffrent trop pour ne pas planifier des activités culturelles durant un court séjour dépaysant. Voyager seul est extrêmement agréable pour les discrets, il faut en profiter avant un nouvel épisode de reconfinement qui menace si la situation sanitaire se dégrade encore en début d’an prochain.

Travailler ?

Combien d’introvertis sont-ils en réalité débordés en cette fin d’année. Quel nombre d’introvertis travaillent tout simplement et sont donc contraints de passer les fêtes de fin d’année, occupés à leur activité professionnelle, et eux aussi sont nombreux. Et puis, c’est le moment de prévoir l’année qui vient, en optimisant ses succès à venir, une parenthèse permettant de planifier et d’organiser les mois à venir. Quand on travaille, les fêtes solitaires sont vécues différemment. Il y a également les introvertis épuisés, qui vont profiter de ces quelques jours de répit pour dormir un peu, prendre quelques vitamines et regagner leurs charismes.

TheIntrovertSinger

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