Introvertis : On Rencontre de Nouveaux Amis ?

Les introvertis sont-ils plus en difficulté que les extravertis, quand ils cherchent des amis adultes ?

C’est plus facile de se victimiser en affirmant que les introvertis, présentent plus de complexité que les extravertis, dans leur vie affective et sociale. Ce qui n’est pas particulièrement vrai ou faux, il peut s’agir de se poser la question autrement.

Les introvertis ont des besoins sociaux, notre phylogénie confirme que nous n’aurions pas survécu ni évolué, sans bons soins affectifs et charnels de grande proximité. Les introvertis sont en effet plus sélectifs, mais tout à fait capables, et même privilégiés qualitativement dans leurs compétences, à tisser des liens profonds et consistants. À l’image de leur tempérament réservé, à l’amitié sans réserve.

Comptable de ses aptitudes.

On commence par se faire un ‘inventaire-réalité’, tout à fait honnête possiblement désagréable de soi : est-on réellement en manque d’amitié ? Ou souffrons-nous simplement de ces comparaisons toxiques ? À la vue d’images d’autres semblant s’en sortir bien mieux que soi. Creusons un peu dans la vie de tout individu, pour se rendre compte en moins d’une seconde, que personne n’est épargné. Chacun porte ses fardeaux avec une grâce plus ou moins inapparente.

Les extravertis sont drogués aux satisfactions relationnelles. Souffrant chroniquement de besoins en interactions sociales. Est-ce le cas des introvertis ? L’introversion ne déprime pas en solitude au contraire, mais trouver un équilibre entre ses retraites, et la nature sociale des contraintes de notre espèce, demande réflexion et délicatesse.

Dépasser le modèle adulescent.

Si on a perdu ses amitiés de prime jeunesse, et c’est ordinairement le cas, on se trouve esseulé dans une jungle affective. Sans personne à qui apporter son soutien et partager son pain et du vin. Loin de moi la volonté de nier nos besoins émotionnels, droits inaliénables revenant à chacun. Seulement, les introvertis recherchent des amitiés authentiques avant tout.

Écoutons les malheurs des autres, entendre à quel point souvent ces idylles amicales d’apparences trompeuses, sont creuses ou opportunes. Non enviables pour l’introverti, à l’esprit et plastie mentale, ayant évolué incomparablement, opposé de ses contemporains. Lequel d’entre les introvertis ne s’est pas trouvé coincé, dans une amitié frustrante, ou dans une soirée à laquelle il s’est forcé d’assister ? Ramenant à un état de solitude presque soulageant, si ce n’est la mésestime s’ensuivant ? Insatisfaction garantie et vaccination durable, et ça arrive tout le temps, à des introvertis aimables et brillants.

La bonne poire de service.

Se retrouver encore une fois à jouer les psys. Ou le bon à tout faire pour un extraverti malin. Les introvertis hésitent à chercher de nouvelles options d’amitiés, par crainte d’insatisfaction. On rêve de super-ami, comme d’une fratrie idéale. Toutefois, c’est une déception supplémentaire, refroidissant un peu plus un tempérament déjà glacé. Commander au père noël des chaleurs amicales, pour faire fondre toutes ces armures ne suffit pas. Il faut bousculer quelque chose en soi.

Disposer d’une vraie bonne connaissance de soi, pour se lancer dans des danses et flirts amicaux, ou juste sociaux. Ce que les introvertis ont peut-être du mal à comprendre, c’est que l’extraversion possède un carnet d’adresse de relations d’accointances, dont l’extraverti se contente en s’y délectant. Inenvisageable pour l’introverti cherchant toujours ses âmes compatibles. Intolérant aux liens allégés en substance.

Sans ocytocine/dopamine, c’est froid !

Ce mensonge social, modèle impraticable pour le cerveau introverti, dont la chimie refuse ce type d’attachement alibi. L’introversion se vit négativement du point de vue extraverti, mais stimule cérébralement ses pairs. Cependant, les tempéraments idéalistes sont charismatiques, et drôlement fantaisistes ou émotionnels, peuvent sembler extravertis, mais sont de vrais solitaires à électrons libres.

Les types plus cartésiens et arrogants aiment à se retrouver entre eux. Créant une forme d’autorejet au sein de la communauté introvertie, perdant les complémentarités possibles. Les introvertis peuvent sortir de leurs réserves vis-à-vis de leurs alters egos introvertis par altruisme, et l’ocytocine suivra. On peut assister à des conférences sur des thèmes

Trop d’introvertis ignorent qu’ils le sont.

On déplore des tas de copains en moins. Reste quelques tristes figures, conscientes de leurs atypies, trop accrochés à leurs savoir-faire prétentieux. Attachés à leurs titres et crédits sociaux, et sélectifs quant à la position sociale.

On se perçoit d’élitisme, mais ça n’est pas une revendication identitaire. On cumule les diplômes ou des sous. Cependant, les introvertis partagent un cerveau jumeau, qu’on soit PDG ou employé de commerce. Pourquoi ne pas boire son café et ses bières ensemble ? On célèbre mille fois mieux les silences avec un introverti, on rit des mêmes risibles avec son semblable. On voit les mêmes petits détails agaçants, qu’on soit nabab ou moins nanti. Si la misère était matérielle, nous le saurions bien. La peur ? La coupable est nommée.

La peur de l’inconnu social, « la sociophobie ».

Nous sommes légitimement équitablement égaux. Commencer par enlever cette vilaine étiquette sociale est le bon début. Certains savent et aiment bien le faire, mais on voit bien que la solitude est un phénomène de masse qu’on banalise. En finir avec les apparences dont les introvertis se contrefichent, en s’ajustant à tort. On n’a même plus le droit dire sa solitude, cette perfection fautive discriminante, inhibitrice et stigmatisante. Comment se livrer quand on se croit manquer d’assurance, et qu’on ne sait pas se vendre. À l’image de ces commerciaux d’eux-mêmes, avec leurs curriculums numérateurs. Fabricant un humain à quelques chiffres clivants, aussi opulents soient-ils. On a déjà pas mal de travail à faire sur soi, avant de se lancer dans la quête amicale. Savoir si on est prêt à y mettre de l’énergie et du temps, car les introvertis sont occupés, débordés par leurs obligations alimentaires.

Leur peu d’essence qui reste, sert à se maintenir dans son état mental décent. Un introverti fatigué décompense et déprime, les fameux ‘meltdowns’ de l’introverti épuisé, à la limite du burn-out est une réalité. La sanction d’épuisement est difficile à contrôler, on ne sait jamais quand l’introverti saura affronter une semaine ou une autre. Sans énergie prédictible et reproductible, et découragé d’avance.

Point de compromis.

Faire le bilan de ses temps disponibles, et ça n’est hormonal-ment pas simple du tout, la motivation peu existante naturellement, il faut la créer. L’idéal pour l’introverti avant de chercher à construire sa vie, est se connaître au mieux possible. S’éviter de vivre encore et toujours des déséquilibres affectifs, inconfortables et inutiles. Les introvertis choisissent-ils leurs solitudes, au piège d’une relation mal ajustée ? Cette phobie des conversations superficielles fait obstacle, parce que toute relation doit passer par des débuts de distances, et d’étrangetés émotionnelles et mentales. On ne se reconnaît pas encore, un lien relâché et détaché se crée sans familiarité… on dépasse cette phase malaisante, et l’amitié grandit.

On ne sait rien des autres. Passer le cap bizarre des mondanités, en se créant un centre d’intérêt, une niche très spécifique. Où on est certain de rencontrer des types cartésiens ou idéalistes. Néanmoins, se garder à l’esprit de ne pas se contraindre à la séduction. Apprendre à déplaire et l’accepter. C’est très complexe de s’admettre à soi, que la majorité rejette, et qu’une minuscule fraction des rencontres à venir, présente un potentiel heureux.

Attentes = Rejet.

On craint d’être rejeté encore, et c’est normal. Le rejet est plus insupportable que les coups. Touchant à l’être, au moi authentique, nous le redoutons au point d’en éviter de vivre sa vie. Contrairement à l’abandon moins lourd, puisque la relation consommée abandonne. Le rejet préjuge en présomptions incompréhensibles, dont la première et saine décision est une invalidation formelle. Alors qu’on minimise facilement ses victoires, on se croit des limites surpuissantes. Le rejet est une épreuve d’affrontement. Belle et constructive, libérant à jamais de ses chaînes bien visibles. Offrant son prétexte à ses inaccomplissements et inachèvements.

Au fond, le rejet inévitable, n’existe que si on souffre d’attentes. Délesté d’attentes autotoxiques, on se désamorce sa bombe, en ne se rejetant plus soi-même. Contre intuitif, et pourtant on s’y fait. La plus belle amitié que l’on doit, commence par celle avec soi. L’autre fait miroiter ses reflets.

TheIntrovertSinger

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