20 points : Je Suis Un Introverti Qui Hésite

Je doute et rencontre des obstacles à prendre une décision. Seulement Pourquoi ?

J’avoue avoir (encore une fois) dû prendre des décisions que j’ai procrastinées, comme d’habitude suis-je tentée de confesser non sans embarras, car il faut bien avouer que je maîtrise l’art de stagner comme personne et je soupçonne mon introversion d’en être la coupable anonyme et clandestine, ou bien une auxiliaire zélée.

Décider est un processus complexe et peu conscient

En effet, on ne peut pas nier que les facteurs et mécanismes décisionnaires font partie de ces mystères du cerveau que l’on commence à peine à appréhender. Plus qu’un processus purement cognitif, on sait que les cognitions y sont pour beaucoup, nous allons aborder ensemble un aspect moins technique et nettement plus complexifié : les freins inconscients. Hors psychanalyse, parce que je suis à compter parmi les victimes de cette discipline qui laisse sur le carreau, déstabilisés, de nombreux individus confus et culpabilisés.

Un introverti n’emploie pas un circuit de récompense dopaminergique

Puis n’est pas du tout stimulé par les récompenses à court terme, et bien que l’on ne puisse pas généraliser, les introvertis appartenant à la diversité cognitive, ils apprennent de toute expérience sollicitant une réflexion en une opportunité de mieux se connaître, et ainsi de se comprendre plus avant en analysant toutes les clés qui le font aboutir à une longue hésitation, voire à une immobilité.

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« Suranalyser » = Ne pas décider est un choix

En ma qualité d’introvertie, j’ai régulièrement décidé que je ne prendrai aucunes décisions – signifiant en réalité un refus, toutefois passif – une solution plus simple à administrer qu’un refus argumenté. En stagnant on regagne de l’anxiété pourtant nettement moindre qu’en refusant frontalement, et largement moins qu’en acceptant une offre indésirable ou une situation mal calibrée pour soi. La singularité et la subjectivité du fonctionnement introspectif est bien trop complexe pour en faire une vague description à la va-vite, néanmoins on peut s’accorder sur un aspect indubitable sur le thème de l’hésitation : c’est un choix. En prendre conscience est crucial, afin d’éviter de se trouver en dissonance cognitive victimisante ou bien de penser que l’on laisse le pouvoir décisionnel aux autres ou encore aux facteurs environnementaux.

Les 20 causes de l’hésitation d’un introverti

J’hésite par abattement

Eh oui, un grand classique chez l’introverti qui fait le choix de ne pas s’adjoindre un élément-piège, impliquant à ce dernier de surajouter à ses conditions un paramètre supplémentaire, de ce fait, une complexité en sus. Un introverti peut tout à fait se sentir affaibli par une situation qu’il se sait inapte à affronter. Alors il capitule, discrètement.

J’hésite par entêtement

L’introversion d’une cognition indique que l’on peut tout à fait ne plus tenir compte d’autres éléments que sa perception et qu’en effet, plus rien ne peut altérer une hésitation in-transformable, c’est le statu quo, une sorte d’abdication, un refus de coopérer. Alors le discret « tête de mule » n’en fait qu’a cette dernière, sa plus fidèle alliée en cas de coup dur.

J’hésite par rationalisation

Un discret l’est pour des raisons parfaitement physiologiques, c’est un développement neurologique alternatif aux majorités plus ambiverties. Alors que l’on sait voir et comparer ce que font les masses dans leurs prises de décisions, l’introverti sur-interprète et sur-analyse en laissant finalement peu de place à la spontanéité, et cela en est terminé, le discret stagne et consent de ne pas agir : il préfère ne pas choisir.

J’hésite par absence d’appétit et de motivation

Un introverti attend quelquefois, afin que cette période accentue un désir d’action, sans que cela n’ait pour autre effet que de laisser passer l’instant. Un moment T que l’on rate et que l’on peut regretter ou non, consciemment ou non, peu importe, la carotte était peu prometteuse, ou juste confusément déplaisante cette fois-là… Et le discret décide de ne rien faire, presque par procédure.

J’hésite par crainte des contraintes ou engagements

Quel introverti n’a jamais fermé sa porte par appréhension des suites post compromis, « des après » ? Décider d’agir ou que l’on agisse à sa place indique des suites et des comorbidités avec lesquels l’introverti n’a tout simplement par le désir de batailler, de gérer ou simplement accepter. Toute décision implique un revers de médaille, et les regrets sont quelquefois plus simples à organiser que les remords, contrairement aux adages et idées reçues.

J’hésite par confort

Un introverti, on le sait, rechigne devant les changements et par chance, cela l’avantage dans la majorité des situations, sauf lorsqu’il faut décider de contrarier son authenticité, spontanément ou non du reste… un discret fait de son mieux pour vivre normalement, avec tout ce que l’imprédictibilité usuelle des uns et des autres implique cognitivement, parce qu’une décision presque anodine pour l’extraverti demeure une facture émotionnelle et psychique astronomique envers le discret.

J’hésite par respect pour mon système de valeurs

La sophistication des échelles de valeurs chez l’introverti, chacun en tenant compte de sa personnalité – car il faut rappeler que les diversités cognitives (dont l’introversion fait partie) ne sont en aucun cas des traits de personnalités – induit une méthode décisionnelle basée sur un aménagement protégeant l’introverti des hâtes et des errements. Un introverti ne sait pas s’il peut ou doit s’abstenir ou s’engager, car face à lui, les marqueurs sont rarement distincts et transparents.

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J’hésite par peur de l’échec

Un doublé bien connu : on peut autant crainte que tout aille mal ou bien juste trop bien, pour des raisons que tous les introvertis connaissent trop : un bagage familial encore excessivement lourd, des plaies mal fermées et des horizons bouchés par un passé douloureux. Un introverti sait bien qu’il en faut peu pour déstabiliser son homéostasie si délicate et que son calme intérieur n’est cédé qu’a peu de défaites.

Ou bien de la réussite

Peut-être aussi parce que l’introverti sait que rien n’est aussi simple que ce que l’on connaît déjà, et qu’il fait peu confiance en des fausses promesses de lendemains enchantés que la vie se charge de renvoyer à la réalité, prosaïque et désillusionnée. Le pessimisme ne protège peut-être pas de la vie en revanche, des déconvenues en déconfiture, assurément.

J’hésite par sécurité

Une nécessité assurément introvertie, un besoin pour certains plus que d’autres, que l’on peut assimiler à un goût prononcé, voire vital surtout en matière de prédictibilité. Or, chez l’humain, on constate que l’on peut tout à fait rencontrer des individus ou situations exigeant de s’accoutumer à leurs imprédictibilités que l’introverti prudent fait en sorte d’éviter comme la peste – ou la covid.

J’hésite par crainte de complications

Quel introverti ne s’est pas forcé la main ? À sortir de sa réserve par exemple dans une relation de travail ou encore amicale ou sociale, ayant débouché sur un revers humiliant, inoubliable et atterrant ? Tous, nous avons eu à gérer les conséquences d’une hésitation balayée par zèle ou conformisme, regrettée à la seconde ou bien juste avant ? Heureusement que les introvertis cultivent peu leur égo en miroir et que leurs esprits leur avance d’outrepasser ces moments clownesques en vieilles légendes pas urbaines.

J’hésite pour éviter les problèmes

Puisque l’introverti est une cible idéale particulièrement pour certains individus peu altruistes, on va le formuler comme ça, il doit se prémunir des conséquences de l’autre, des autres. Un discret sait aussi que parfois les implicites ont pu lui échapper, et qu’hésiter est plus simple dans ces conditions obscures, et lorsque le jour se lèvera, il fera lumière sur son hésitation. Qu’il faut interpréter comme un refus, en toute passivité assumée.

J’hésite par manque de confiance

Une confiance que l’on a perdue ou que l’on n’a pas appris à consolider, car on peut rappeler, cela ne fait pas de mal en passant, que TOUT EST APPRENTISSAGE. Le mythe de la confiance en soi représente une niche commerciale illusoire. Un cerveau emploie la plasticité afin d’y inscrire un nouveau chemin synaptique. Si on hésite et que l’on est introverti, plus qu’une habitude, c’est un mécanisme naturel de compensation, faute de mieux. A default mode.

J’hésite parce que je doute

Un réflexe habituel chez l’introverti lui permettant d’employer son potentiel cognitif à un niveau satisfaisant et épanouissant. Une énergie mentale que l’introverti emploie aussi souvent en le compensant et pas forcément sainement, on le sait. Douter, analyser et questionner est une des composantes de l’introversion, dont on connaît le chef d’orchestre préfrontal hyperactif, qui ne laisse rien circuler sans filtrer.

J’hésite parce que je suis stressé

Le cortisol est une neurohormone de réponse lorsqu’elle est surabondante et mal régulée, et cela demeure également une spécificité des introvertis, nettement moins impulsifs en réponse aux irrégularités internes. Un introverti peut perdre le sommeil et ses aptitudes par sensibilité au stress et l’hésitation offre le confort du stand-by, un « en attente » bien utile en cas de conflit interne.

J’hésite parce que je n’ai pas appris à décider avec méthode

On devrait enseigner aux enfants la méthode, apprendre à rechercher, à comprendre et à examiner.

Une lacune éducative que nous payons collectivement, de l’ignorance des uns et des autres, que certains plus que d’autres doivent endurer, les niveaux d’éveils méthodiques étant ce qu’ils sont, générant des inégalités dans les perceptions. Or, un discret méthodique sait qu’une bonne hésitation permet de suspendre, parfois indéfiniment. Faute de mieux.

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J’hésite, car j’ai commis des erreurs par le passé

Une minuscule giflette ou bien une grosse claque ? On se souvient d’avoir senti sa joue rougir sous la main déterminée à faire regretter une décision jugée abusivement à l’instar de la réaction. On ne veut plus prendre de gifle, on se préserve, le passé a été une leçon que l’introverti tient pour règle désormais. Que l’on peut résumer ainsi : dans le doute, l’introverti s’abstient. Et il a bien raison.

J’hésite, car je manque d’informations

Un introverti scrute en vain un renseignement qui viendrait enfin lever une objection tangible et incontournable, toutefois rien ne se passe. Un discret sait que sans les éléments décisifs, peut-être attendus en surnombre chez les introvertis, comme des confirmations sans superstition (on fait ce que l’on peut), eh bien décider lui est impossible. Une impossibilité sous la forme d’une objection, comme une cour pénale qui ajourne en attendant une pièce cruciale au dossier. Un ajournement décisif-passif.

Ou bien j’ai trop d’informations

Si le discret a sur-analysé les contingences et qu’il en éprouve excessivement, l’introverti perd une énergie démesurée afin d’en classer les ordres et préférences, dont l’agencement peut mener à un classement sans suite. Comme sans une mention sans objet, pour cause de trop plein, de lassitude et d’ennui. Un discret ne comble rien, et s’enrichit : trop d’informations tue l’information, générant une éviction au motif suivant : retour au calme interne.

J’hésite, car je perds le contrôle en faisant confiance

Une dernière occurrence, un élément décisif dans la prise de risque que sous-tend le thème de l’hésitation : on sait que les rémunérations neurohormonales sont peu motivantes et davantage évitées chez les vrais introvertis. Le jeu en vaut-il la chandelle ? Quand on est vraiment introverti, il manque cet élan, que les extravertis possèdent et usent – excessivement pour certains – permettant de mettre la machine à avancer vers un sentier. Si un introverti en est conscient, il saura s’entourer d’une personne jouant ce rôle auprès de son esprit. C’est important, si l’on ne veut pas perdre (trop) de temps à chercher une réponse qui ne viendra qu’en l’expérimentant. Ceci est une autre histoire.

TheIntrovertSinger⚖️

Influence of extroversion and introversion on decision-making ability : Rehana Khalil

Why Introverts Make Better Decisions – and How to Compensate if You’re an Extrovert! : Michael Brown

How Introverts versus Extroverts Approach Small-Group Argumentative Discussions : E. Michael Nussbaum

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